Conflit en Syrie: USA et Russie se sont mis d'accord

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Conflit en SyrieUSA et Russie se sont mis d'accord

John Kerry et Sergueï Lavrov se sont rencontrés une nouvelle fois, samedi, afin de trouver un accord sur le sort de la Syrie. Vers midi, leur rencontre a pris fin sur un accord.

La Russie et les Etats-Unis sont tombés d'accord samedi à Genève sur un plan d'élimination des armes chimiques de la Syrie. Le plan en six points fixe un calendrier précis pour que Damas obtempère.

Il donne une semaine aux autorités syriennes pour présenter la liste de leurs armes chimiques, a annoncé à la mi-journée le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une conférence de presse commune avec le ministre russe Sergueï Lavrov, au terme de deux jours de discussions à l'Hôtel Intercontinental.

L'accord prévoit un accès en Syrie pour des inspecteurs «pas plus tard qu'en novembre» afin d'inspecter tous les sites en Syrie. L'objectif est d'avoir retiré toutes les armes chimiques de la Syrie à la mi-2014, a précisé le responsable américain, en insistant à plusieurs reprises sur la nature vérifiable et crédible du processus.

John Kerry a indiqué que les experts sont arrivés «à une estimation commune sur les quantités et les types d'armes possédées par le régime d'Assad», ce qui était un des principaux points d'achoppement des discussions.

Un responsable américain a précisé que la Syrie détient 1000 tonnes d'armes chimiques réparties sur 45 sites. La procédure de ratification par la Syrie de la Convention de l'ONU interdisant les armes chimiques sera en outre accélérée.

Menace du recours au chapitre VII

«Il n'y aura pas de place pour des manoeuvres ou rien d'autre qui ne soit pas une complète application (du plan) par le régime d'Assad», a dit John Kerry. «Si cet accord est pleinement appliqué, il mettra un terme à une menace pour la sécurité mondiale», a souligné le chef de la diplomatie américaine.

L'accord conclu entre les Etats-Unis et la Russie prévoit l'adoption d'une résolution de l'ONU. Les Etats-Unis et la Russie «sont d'accord que la résolution de l'ONU se référera au chapitre VII sur le recours à la force», a affirmé le secrétaire d'Etat américain.

Le chapitre VII de la Charte de l'ONU prévoit l'adoption de sanctions en cas de non-respect des obligations. Le type de sanctions appliquées doit cependant faire l'objet d'un consensus.

Lavrov: objectif atteint

Le chef de la diplomatie russe a pour sa part affirmé que «l'objectif fixé par les présidents Obama et Poutine pour mettre sous contrôle les armes chimiques syriennes a été atteint». Il a en même temps souligné que l'accord de Genève ne mentionne pas l'usage de la force ni le recours automatique à des sanctions.

«Nous attendons une application stricte des exigences formulées et au cas où elles ne seraient pas appliquées par qui que ce soit, le Conseil de sécurité réagira selon le Chapitre VII de l'ONU», a déclaré Sergueï Lavrov.

«Nous enquêterons sur chaque cas, car il y a beaucoup de désinformation et quand nous serons sûrs, nous serons prêts» à prendre toute action «pour punir» toute violation de l'accord conclu à Genève, a dit le chef de la diplomatie russe.

Les bases d'un règlement

John Kerry a affirmé par ailleurs que l'accord de Genève a «jeté les bases» d'un règlement plus large du conflit «pour mettre un terme au bain de sang». Il a espéré y parvenir à travers la diplomatie, sans recours à une intervention militaire.

Le chef de la diplomatie américaine a toutefois répété que le président Obama se réserve toujours le droit de recourir à la force militaire si nécessaire. Sergueï Lavrov a indiqué de son côté que Washington et Moscou ont confirmé leur adhésion à un règlement pacifique.

Le secrétaire d'Etat américain doit s'envoler de Genève pour Jérusalem, puis se se rendre lundi à Paris. Il rencontrera à nouveau Sergueï Lavrov lors de l'Assemblée générale de l'ONU vers le 28 septembre à New York.

A cette occasion, les Etats-Unis et la Russie pourraient fixer une date pour la conférence de paix «Genève II» afin de mettre un terme au conflit qui a fait plus de 100'000 morts et deux millions de réfugiés en deux ans. (ats/afp)

Londres salue l'accord

Le Royaume-Uni «salue» l'accord entre les Etats-Unis et la Russie pour l'élimination de l'arsenal d'armes chimiques syrien, a déclaré samedi le chef de la diplomatie britannique, William Hague, sur Twitter, estimant que «la priorité devait désormais être l'application rapide et complète» du texte.

Dans un communiqué publié peu après, M. Hague, qui a qualifié l'accord d'«avancée significative», a estimé que «la priorité devait désormais être l'application rapide et complète» du texte et «de s'assurer que les armes chimiques soient placées sous contrôle international».

«La responsabilité incombe désormais au régime d'Assad de respecter cet accord dans sa totalité. La communauté internationale, y compris la Russie, doit tenir le régime responsable», a poursuivi M. Hague, précisant que «cela impliquait de tout faire pour cesser le bain de sang continu en Syrie, en permettant aux deux camps de s'entendre sur une solution politique au conflit».

M. Hague a rappelé qu'il rencontrerait lundi à Paris ses homologues américain, John Kerry, et français, Laurent Fabius, pour «discuter de la suite, notamment une action au Conseil de sécurité de l'ONU».

Obama satisfait

L'accord russo-américain sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien marque «un progrès», a déclaré samedi le président Barack Obama.

Il a espéré que le président syrien Bachar al-Assad «serait à la hauteur de ses engagements».

«J'accueille comme un progrès l'accord passé entre les Etats-Unis et la Russie» à Genève qui représente une «étape importante», a-t-il indiqué dans un communiqué, précisant que les «Etats-Unis restaient prêts à agir, en cas d'échec de la diplomatie».

«Avancée importante»

Accord sur l'arsenal chimique syrien: «une avancée importante» pour Paris

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a salué samedi «une avancée importante» après l'annonce à Genève d'un accord americano-russe sur l'élimination des armes chimiques syriennes.

«Le projet d'accord constitue une avancée importante», a déclaré le ministre dans un communiqué. Toutefois, «la France tiendra compte du rapport des inspecteurs de l'ONU publié lundi sur le massacre de Damas pour arrêter sa position», a ajouté M. Fabius.

Les experts de l'ONU qui ont enquêté sur l'attaque du 21 août ayant fait des centaines de morts rendent leur rapport lundi.

Les rebelles rejettent la proposition

Le chef de l'Armée syrienne libre (ASL - rebelles), le général Sélim Idriss, a rejeté samedi l'accord russo-américain sur un démantèlement de l'arsenal chimique du régime syrien.

«Nous ne pouvons pas accepter cette initiative» russo-américaine, a déclaré le général Idriss à la presse à Istanbul.

«Nous, l'Armée syrienne libre, ne sommes pas concernés par cet accord. Nous n'avons pas d'armes chimiques et moi et mes frères, nous allons continuer à nous battre jusqu'à la chute du régime», a-t-il affirmé.

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