USA: ex-dirigeants d'Enron reconnus coupable

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USA: ex-dirigeants d'Enron reconnus coupable

Jeffrey Skilling risque jusqu'à 185 années de prison et Kenneth Lay 165 années pour leur responsabilité dans la faillite retentissante du groupe de courtage en énergie américain.

Jeffrey Skilling, 52 ans, était sous le coup de 28 chefs d'accusation et Kenneth Lay, 64 ans, de six chefs d'accusation. Ceux-ci portaient notamment sur des accusations de fraude et de complot.

Le premier a été reconnu coupable de 19 chefs d'inculpation et le second de l'ensemble des six dont il était accusé. Leurs peines respectives seront annoncées ultérieurement.

Enron, dont la capitalisation boursière atteignait à son apogée 100 milliards de dollars, s'était effondré en quelques semaines après la découverte de malversations dans la comptabilité du groupe. Sa faillite en décembre 2001 avait ruiné des milliers d'actionnaires et d'employés qui avaient investi dans le groupe. Elle est devenue symbolique de la corruption et des excès dans le monde de l'entreprise américain.

Pas au courant

MM. Lay et Skilling avaient affirmé pour leur défense qu'ils n'étaient pas au courant des montages financiers du directeur financier Andrew Fastow qui avait créé des sociétés financières parallèles pour masquer les pertes du groupe. M. Fastow a pour sa part plaidé coupable et accepté de collaborer avec la justice.

Il avait été appelé à témoigner contre ses anciens patrons et avait affirmé qu'ils étaient au courant et que Jeffrey Skilling l'avait encouragé dans ses activités.

M. Lay encourt également une peine dans un procès pour fraude bancaire qui s'est tenu parallèlement, également à Houston. Le juge Sim Lake, qui est souverain dans ce dossier, doit rendre son verdict très prochainement.

Dossier accablant

L'avocat de M. Skilling, n'a pas directement annoncé son intention de faire appel mais il a souligné: «Nous allons continuer de nous battre pour la juste cause». «C'est une défaite dévastatrice pour Lay et Skilling. Les preuves étaient accablantes», a souligné Tom Ajamie, avocat spécialisé dans la finance.

«Ce qu'Enron représente, c'est une faillite des mécanismes de contrôle à de multiples niveaux. Le Conseil d'administration a failli, les auditeurs financiers ont failli, les conseillers juridiques extérieurs ont failli», a estimé Thomas Dunfee, professeur d'éthique des entreprises à la Wharton School of Business.

Kenneth Lay avait fondé Enron et l'avait dirigé jusqu'au début 2001. Il avait alors cédé la place de PDG à Jeffrey Skilling, son second, qui avait toutefois démissionné de manière inattendue l'été suivant, obligeant Kenneth Lay à reprendre les rênes du groupe quelque mois avant sa faillite.

(ats)

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