Fribourg: Usine Pavatex: les ouvriers bloquent la production

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FribourgUsine Pavatex: les ouvriers bloquent la production

L'absence de négociations syndicales après l'annonce de la fermeture du site de Fribourg a des conséquences. Mardi, les employés ont stoppé toute production.

par
frb

Les travailleurs de la fabrique de panneaux isolants Pavatex ont bloqué la production et le départ des produits, mardi après-midi. La mesure a été initiée par le syndicat Unia, qui affirme ne pas avoir réussi à entrer en négociation pour un plan social avec la direction de l'entreprise. Pour rappel, Pavatex a annoncé il y a deux semaines la fermeture du site fribourgeois. Depuis, le syndicat essaie de s'imposer sans succès en tant qu'interlocuteur.

Jusqu'ici, seules des mesures d'accompagnement jugées insuffisantes ont été proposées par Pavatex. C'est pourquoi les ouvriers ont entamé mardi leur action de blocage. «La production et le départ des produits resteront bloqués tant qu'un plan social équitable ne sera pas négocié avec Unia», indique le syndicat dans un communiqué.

Les travailleurs ne reprendront le travail que quand ils auront gain de cause. La direction de Pavatex se réserve le droit de prendre toutes les mesures juridiques contre cette grève jugée «illégale».

Le fabricant de panneaux isolants en fibres de bois a annoncé le 22 octobre dernier vouloir fermer son usine de Fribourg pour concentrer ses activités sur les sites de Cham (ZG) et de Golbey en France. Suite à cette nouvelle, l'ensemble des travailleurs ont mandaté Unia pour négocier un plan social.

Dialogue de sourds

Si la direction du groupe a accepté la présence de l'organisation syndicale lors de la séance de conciliation de vendredi passé, elle refuse de considérer Unia comme un partenaire dans les négociations et ce malgré l'appui au syndicat de la Direction de l'économie et de l'emploi fribourgeoise. De ce fait, Unia n'a pu prendre part à la réunion qu'en tant que consultant du personnel, «une provocation selon ses dires».

«Tout au plus la direction de Pavatex a accepté de discuter avec la commission d'entreprise, laquelle a démissionné entre-temps suite aux menaces et pressions inadmissibles dont elle a fait l'objet», a indiqué le syndicat dans un communiqué. Selon Unia, les mesures d'accompagnement proposées par la direction restent largement insuffisantes au regard des années d'ancienneté et des difficultés encourues par les collaborateurs licenciés.

C'est pour pallier à ce blocage que l'organisation syndicale d'entente avec le personnel a décidé d'arrêter la production de l'usine. «Une grève n'est guère profitable pour personne, ni pour les employés, ni pour le patronat. Nous espérons qu'elle se termine au plus vite mais tant que les travailleurs n'obtiendront pas gain de cause, ils ne reprendront pas le travail», a indiqué à l'ats Armand Jaquier, secrétaire régional d'Unia Fribourg.

De son côté, la direction de Pavatex se dit surprise par ce conflit social qui met à mal l'ensemble de la production du groupe et menace les postes restants. L'entreprise se réserve le droit de prendre des mesures juridiques contre la grève qu'elle juge illégale et disproportionnée.

Mesures suffisantes

Selon Martin Tobler, directeur marketing de la firme, contacté par l'ats, les employés lésés sont représentés par une délégation de travailleurs à l'interne. Le personnel n'étant pas au bénéfice d'une convention collective de travail, Pavatex n'est soumis à aucune obligation de plan social. Il n'est, par conséquent, pas pertinent d'établir un tel plan avec les syndicats.

Martin Tobler indique, en outre, que certains employés ne se sentent pas représentés par l'organisation syndicale et que les mesures d'accompagnement du groupe vont au-delà des plans sociaux proposés par les entreprises qui y sont contraintes.

La firme estime à 100'000 francs le coût journalier de la grève. En raison des pertes financières engendrées par cette cessation d'activité, la société se réserve le droit de suspendre les mesures d'accompagnement destinées aux personnes licenciées.

Ces dernières comprennent notamment des offres d'emploi sur d'autres sites de l'entreprise, un programme de coaching, des placements pour de nouveaux postes et de l'aide pour les situations les plus difficiles.

Pour soutenir les employés licenciés, une marche aux flambeaux est prévue vendredi à 17h dans les rues de Fribourg, annonce le syndicat Unia. (frb/ats)

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