Catastrophe au Japon: Utilisation d'azote pour éviter une explosion
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Catastrophe au JaponUtilisation d'azote pour éviter une explosion

Les techniciens de la centrales de Fukushima tentent par tous les moyens d'éviter une explosion dans un des réacteurs de la centrale.

Les techniciens de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima ont commencé jeudi à injecter de l'azote pour prévenir une explosion dans un réacteur endommagé. Le gouvernement a entamé les recherches des disparus autour de la centrale et envisage d'élargir la zone d'évacuation liée à ce site.

Près de quatre semaines après le terrible séisme du 11 mars et surtout le tsunami géant qui a dévasté la côte Pacifique au nord-est de Tokyo, faisant plus de 27'000 tués et disparus, la crise à Fukushima Daiichi (No 1) est loin d'être réglée.

Des images de désolation

Des volutes de fumée blanche, probablement de la vapeur d'eau radioactive, continuent de s'échapper de trois des quatre réacteurs endommagés. Les barres de combustible dans le coeur des réacteurs et dans les piscines de désactivation doivent être arrosées jour et nuit à l'aide de pompes de secours en attendant que l'alimentation électrique et les circuits de refroidissement soient rétablis.

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Le gouvernement envisage désormais d'élargir la zone d'évacuation actuellement fixée dans un rayon de 20 km autour de la centrale.

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Mesure évoquée

«Actuellement, les normes de sécurité prévoient qu'un ordre d'évacuation est émis si les résidents locaux risquent d'être exposés à des radiations de 50 millisieverts ou plus par heure», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano.

«Ces normes supposent qu'un niveau élevé de radiations est reçu de façon temporaire. Nous réfléchissons à la meilleure façon de décider d'une évacuation en nous basant sur des données et des normes de radiations cumulées», a-t-il ajouté.

Afin d'empêcher toute nouvelle explosion sur le site, Tokyo Electric Power (TEPCO), opérateur et propriétaire de la centrale, a décidé d'injecter préventivement de l'azote dans le réacteur 1, où de l'hydrogène s'est accumulé en quantité importante.

Les deux premières explosions intervenues les 12 et 14 mars au niveau des réacteurs 1 et 3 avaient été provoquées par le contact de ce gaz avec l'oxygène.

Avertissement lancé

L'azote est régulièrement utilisé dans les zones de stockage sensibles pour faire chuter le taux d'oxygène dans l'air et remplacer ainsi une partie de l'atmosphère. Cette opération «d'inertage» devrait durer six jours pour un total de 6000 m3 d'azote injecté, selon TEPCO, qui envisage de l'appliquer également aux réacteurs 2 et 3 dans les prochains jours.

Aucune nouvelle fuite d'eau des réacteurs dans l'océan tout proche n'a été constatée, a indiqué jeudi l'Agence de sûreté nucléaire, après le comblement réussi d'une brèche dans une fosse d'où s'échappait de l'eau hautement radioactive. Mais le risque de contamination de l'environnement marin n'est pas pour autant écarté, soulignent les experts.

Souhait

Les opérations de rejet volontaire en mer de 11'500 tonnes d'eau faiblement radioactive, selon TEPCO, se poursuivaient pour la quatrième journée consécutive, en face de la centrale.

Cette eau polluée contient notamment de l'iode 131, dont la radioactivité se réduit de moitié tous les huit jours, et surtout du césium 137 qui, lui, reste actif pendant des décennies.

Les produits de la mer sont la base de la nourriture nippone et les Japonais, très exigeants sur la sûreté alimentaire, risquent de changer leurs habitudes alimentaires, notamment sur les sushi, s'il y a un risque pour la santé.

Policiers dépêchés

A l'étranger, l'inquiétude grandit après la catastrophe à Fukushima. Une centrale nucléaire de Pennsylvanie est notamment l'objet de toutes les attentions car elle est dotée du même type de réacteur que celle de Fukushima.

Près d'un mois après le séisme de magnitude 9 et le tsunami géant qui a déferlé sur le nord-est du Japon, les recherches de victimes dans la zone des 20 km autour de la centrale, considérée jusqu'ici comme trop dangereuse, ont pu enfin commencer.

Au total, quelque 300 policiers, dont 250 venus de Tokyo, équipés de combinaisons blanches, de masques et de lunettes, ont été montrés par la télévision publique NHK fouillant les décombres à la recherche de quelque 2453 personnes portées disparues depuis le 11 mars dans la région vidée de ses habitants. (afp)

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