VALAIS - Vacciné deux fois, son corps n’est toujours pas protégé contre le Covid-19
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VALAISVacciné deux fois, son corps n’est toujours pas protégé contre le Covid-19

Les personnes atteintes d’insuffisance rénale ou qui ont été greffées ont plus de risques d’attraper (à nouveau) le Covid-19. L’OFSP réfléchit à une troisième vaccination qui pourrait concerner 10 000 à 15 000 personnes.

par
Fabrice Zwahlen
Plusieurs patients traités en Romandie (ici le site de Sion de l’hôpital du Valais) ne possèdent toujours pas le niveau d’anticorps recherché après une double vaccination.

Plusieurs patients traités en Romandie (ici le site de Sion de l’hôpital du Valais) ne possèdent toujours pas le niveau d’anticorps recherché après une double vaccination.

Hôpital du Valais/DR

Depuis la fin de l’année dernière, l’Office fédéral de la Santé publique (OFSP) et les cantons ont multiplié les appels à la vaccination afin d’endiguer l’épidémie de Covid-19. En ce début juillet, 3,44 millions de personnes ont reçu deux doses dans notre pays.

Max* est atteint d’une forme grave d’insuffisance rénale. Il doit se soumettre à trois dialyses par semaine, afin de se soigner. En tant que personne à risque, le quinquagénaire a été vacciné en février (première dose), puis en mars (deuxième dose).

France: deux doses supplémentaires

Soucieux du résultat, Max a pris langue auprès de son médecin traitant, lui demandant d’effectuer un test sanguin, afin de connaître son taux d’anticorps. Refus. Échaudé, le Valaisan a choisi de changer de praticien afin de passer ledit test. Résultat: une immunisation inférieure de plus de 50% au taux escompté. A la suite de ce résultat, le centre de dialyse de l’hôpital du Valais à Sion a choisi de reprendre contact avec certains de ses patients vaccinés. Idem pour une clinique privée de la région lausannoise.

«Mon système immunitaire est considéré comme affaibli», explique notre interlocuteur. D’où un risque plus élevé de développer une infection respiratoire, selon plusieurs études. «En France, les médecins de ces personnes à risque effectuent des tests après leur vaccination». Ils pratiquent même une troisième (ndlr: depuis avril 2020) et désormais une quatrième injection», ajoute-t-il.

Environ 10-15 000 cas en Suisse

Médecin-chef au Service des maladies infectieuses au CHUV, le prof. Pierre-Yves Bochud indique que les personnes atteintes de certaines maladies chroniques peuvent avoir une immunité affaiblie, pouvant entraîner une réponse insuffisante au vaccin. Mais la population la plus à risque est clairement celle des greffés d’organes, «environ 10-15 000 personnes en Suisse». Ces patients sont généralement suivis par des équipes spécialisées.

«Avec la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV), nous sommes à connaissance de tels cas (ndlr: également une minorité de personnes atteintes par le VIH ou d’hépatite)», précise lOFSP. «Les études scientifiques sont évaluées en permanence afin de mettre à jour les recommandations.» Des études récentes suggèrent qu’une dose de vaccin supplémentaire (booster) «peut augmenter la réponse vaccinale de certains groupes de patients immunocompromis», conclut Pierre-Yves Bochud. A contrario, une quatrième injection ne semble pas utile.

Quant à un suivi médical systématique pour les patients dont le degré d’immunosuppression est plus modéré, comme le souhaite notre témoin, le professeur vaudois ne l’estime pas nécessaire.

Max, lui, attend une troisième injection.

* Prénom fictif

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