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CoronavirusVaccins: Biden inquiet pour la campagne américaine

Le Royaume-Uni a lancé mardi sa campagne de vaccination contre le Covid-19 tandis qu’aux États-Unis le président élu a mis en garde contre de possibles perturbations dans la campagne de vaccination si le Congrès ne s’entend pas sur un plan d’urgence.

Joe Biden le 8 décembre 2020 à Wilmington.

Joe Biden le 8 décembre 2020 à Wilmington.

AFP

Margaret Keenan, une grand-mère de 90 ans, est devenue la première patiente au monde à recevoir le vaccin de l’alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech, près d’une semaine après le feu vert donné à son utilisation dans le pays le plus endeuillé d’Europe (près de 61’500 morts).

La majorité de la population britannique devra toutefois attendre 2021, priorité étant donnée aux résidents et personnel des maisons de retraite, suivis ensuite par les soignants et les plus de 80 ans.

Le Royaume-Uni a été le premier pays à donner son feu vert au vaccin de Pfizer/BioNTech. L’Agence européenne du médicament devrait rendre un avis d’ici fin décembre, tandis que le Canada pourrait commencer dès la semaine prochaine à vacciner sa population.

«The Lancet»

À ce jour, cinquante et un candidats vaccins sont actuellement testés sur des humains, 13 étant en dernière phase d’essais, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Trois vaccins sont particulièrement avancés: le vaccin de l’alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech, utilisé au Royaume-Uni; celui du laboratoire américain Moderna; et enfin le vaccin développé par AstraZeneca et l’université britannique d’Oxford. Ce dernier est devenu mardi le premier à voir ses résultats d’efficacité validés par la revue scientifique de référence «The Lancet», qui confirme son efficacité à 70% en moyenne.

Le patron de Pfizer, Albert Bourla, a assuré mardi que la sûreté du vaccin développé par son groupe avec BioNTech n’avait en aucun cas été sacrifiée à la vitesse de sa mise sur le marché. De son côté, le géant pharmaceutique américain Johnson and Johnson a annoncé tabler sur des résultats des essais de son vaccin «à la fin janvier».

Au total, la pandémie a fait au moins 1’545’320 morts dans le monde et contaminé plus de 67 millions de personnes, selon un décompte de l’AFP à partir de bilans officiels. Depuis le 24 novembre, plus de 10’000 décès sont enregistrés en moyenne chaque jour dans le monde.

Plus de 20 millions de cas du nouveau coronavirus ont été officiellement recensés en Europe depuis l’arrivée du virus sur le continent début 2020. En Allemagne, bonne élève de l’Europe au printemps, qui a aujourd’hui toutes les peines à faire face à cette deuxième vague, la Saxe, en ex-Allemagne de l’Est, est désormais la région la plus touchée.

En Suisse, la situation sanitaire se dégrade fortement, a averti la présidente suisse Simonetta Sommaruga, annonçant un nouveau train de mesures sur lesquelles les cantons doivent se prononcer.

Mardi, le pape François a déjoué les foules et la propagation du coronavirus à Rome en se rendant au petit matin, afin «d’éviter les rassemblements», sur une place du centre-ville pour la fête de l’Immaculée conception.

En Russie, Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays, a enregistré mardi un record de 86 décès quotidiens, les autorités prévenant que la cité était désormais à «un pas» d’un nouveau confinement. Samedi, la Russie avait commencé à administrer son «Spoutnik V» à des travailleurs sociaux, du personnel médical et des enseignants à Moscou. Ce vaccin russe est dans la troisième et dernière phase d’essais cliniques.

Campagne en péril

Aux États-Unis, pays le plus touché au monde par la pandémie (plus de 286’000 décès), la Californie a réinstauré lundi le confinement pour plus de 20 millions d’habitants.

Le président élu Joe Biden a exhorté mardi le Congrès à parvenir d’urgence à un accord financier de lutte contre la pandémie, sous peine de voir la campagne de vaccinations ralentir ou s’arrêter, alors que les négociations piétinent depuis des mois. «Sans action urgente de la part du Congrès ce mois-ci, (…) il y a une réelle possibilité qu’après une première campagne de vaccination, ces efforts ralentissent et s’arrêtent», a-t-il mis en garde.

L’administration Trump a fait mardi une nouvelle proposition à 916 milliards de dollars», a annoncé en fin de journée le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Dans les 100 premiers jours de son mandat, Joe Biden prévoit d’ordonner le port du masque dans les lieux sur lesquels il a autorité -- les bâtiments fédéraux, les trains, avions et bus assurant les transports entre États américains. Il prévoit en outre l’injection de 100 millions de doses de vaccins et a promis «la campagne de vaccination la plus efficace de l’histoire américaine».

De son côté, le président sortant Donald Trump, lui aussi inquiet de la bataille logistique qui s’annonce autour de la vaccination, a signé mardi un décret affirmant la priorité à l’approvisionnement des États-Unis, une décision dans la droite ligne de son approche «America First».

(AFP/NXP)

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