Trafic en Suisse: «Vache à lait était une vache en plastique»
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Trafic en Suisse«Vache à lait était une vache en plastique»

Le socialiste Roger Nordmann ne mâche pas ses mots sur l'attitude du National au sujet du fonds routier FORTA.

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cht/nxp
Roger Nordmann, le président du groupe socialiste aux Chambres.

Roger Nordmann, le président du groupe socialiste aux Chambres.

photo: Keystone

Le National est entré en matière à l'unanimité mercredi sur le projet de fonds routier FORTA du Conseil fédéral. Malgré la gauche qui aurait voulu une analyse incluant les transports en commun. La réaction du socialiste vaudois Roger Nordmann, président du groupe socialiste au Parlement.

20 minutesL'ensemble du National a accepté l'entrée en matière. Vous aussi. Pourquoi?C'était clair. On avait dit que l'on entrerait en matière et qu'on soutiendrait le projet 2 qui détermine l'utilisation des moyens, à la condition que l'on retourne à la version des Etats et que les métros puissent être dedans. Pour le canton de Vaud, c'est vital, puisqu'il y a le métro M3. Sans ce point, les métros ne peuvent pas être dans le projet et les trams à des conditions très particulières. Cela aurait été un désastre pour le canton de Vaud. Nous allons essayer de faire en sorte que le tir soit corrigé dans le débat qui se poursuit.

Un autre aspect important pour vous, c'est la question de la hausse du prix de l'essence pour financer le projet...

Oui, une augmentation de 4 centimes du prix de l'essence. Il semblerait que soit le cas et nous n'obtiendrons sans doute pas les 6 centimes de hausse que nous réclamons. Il y encore une autre incertitude: dans la version de la commission du Conseil national, il est indiqué que les moyens pour les agglomérations devaient être affectés principalement à la route et, accessoirement, pour une part minoritaire aux transports publics d'agglomération. Dans le cas de Lausanne, ce serait également rédhibitoire pour le M3. Il faut absolument que ces deux points soient corrigés! Ce sont nos conditions pour offrir notre soutien à ce projet, alors que globalement le paquet n'est pas très équilibré. Mais dans un souci de pragmatisme, pour remettre le projet dans une juste voie, nous allons le soutenir.

Alors pourquoi avez-vous tenté de renvoyer une partie du projet?

A cause du financement global! Le peuple vient de rejeter une offensive routière massive le 5 juin (ndlr.: l'initiative vache à lait) et ce projet-là prélève 650 millions de francs par an dans la caisse fédérale au lieu des 400 qu'avait proposés le Conseil fédéral. C'est complètement disproportionné! Mais nous n'avons pas trouvé de majorité pour le corriger. Le paquet est excessivement déséquilibré, contrairement au paquet ferroviaire où les usagers contribuaient aussi au financement. Ici, la contribution des usagers de la route se limite à 4 centimes par litre d'essence. C'est dérisoire.

A quoi est-ce dû? Le lobby en faveur de vache à lait a réussi son coup?

La majorité du Parlement a fait de la reptation devant «vache à lait». Avant de constater que c'était une vache en plastique et qu'il n'y avait rien dedans! C'est complètement grotesque comme situation. Mais il faut reconnaître qu'au niveau de l'agenda, les initiants ont réussi leur coup. Il aurait été beaucoup plus raisonnable de voter «vache à lait» et ensuite seulement de discuter d'un fond routier qui ne se crée pas au détriment des autres tâches globales de la Confédération.

FORTA passera devant le peuple. Le PS va-t-il monter au front contre le projet si vous n'obtenez pas gain de cause sur les points qui vous tiennent à coeur?

On tirera d'abord un bilan d'ensemble. Evidemment, ce qui peut peser, c'est la question de savoir si dans le paquet final figureront le métro et les trams. Ce sera un élément décisif à nos yeux.

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