Actualisé 27.02.2020 à 19:17

EcologieVaisselle jetable: Lausanne n'interdit pas, elle propose

La Ville et GastroLausanne lancent une offensive contre les emballages jetables dans les take-aways. Le réseau de restaurateurs volontaires est dense, mais n'a pas encore séduit les principaux producteurs de déchets ni la livraison à domicile.

de
Pauline Rumpf

Une question à: Susanne Sax, présidente de Gastro Lausanne, et Natacha Litzistorf, municipale en charge de l'environnement

«Nous ne voulons ni obliger ni interdire, ce n'est pas notre démarche», a annoncé la municipale lausannoise Natacha Litzistorf. Après l'annonce mardi de Neuchâtel, qui bannit comme Genève le plastique à usage unique, la Ville de Lausanne a présenté mercredi un projet destiné à limiter les déchets liés aux repas à l'emporter. «Notre stratégie, c'est la carotte plutôt que le bâton: nous aidons à mettre en place l'infrastructure, un réseau de restaurants qui se partagent des barquettes consignées réutilisables.» De quoi mettre le pouvoir entre les mains des clients, même si «la responsabilité est partagée entre clients, restaurateurs et autorités.»

Déjà présentée dans «20minutes», la vaisselle réutilisable de ReCircle sera proposée par les take-aways qui répondront présent, soit déjà 138 enseignes à Lausanne. Des institutions comme le CHUV et l'EPFL ou les restaurants Coop et Migros l'utilisent aussi, et des adresses de toute la Suisse ont aussi opté pour ce système. Pour le client, une caution de 10.- sera demandée, et rendue au retour de l'objet dans n'importe quel restaurant partenaire. Des couverts faciles à transporter seront aussi vendus.

«Quand j'ai intégré ces barquettes dans mon restaurant il y a cinq ans, les clients n'étaient vraiment pas partants, raconte Susanne Sax, présidente de GastroLausanne. Mais la tendance a changé, et on compte beaucoup sur l'effet boule-de-neige de cette mesure pour que la pratique se généralise.» Pour le restaurateur, l'abonnement annuel se chiffre à 150.-, avec une incitation de 100.- de départ fournie par la ville. L'achat de la vaisselle a été partagé entre l'Etat et les commerçants.

Certains pans de la restauration à l'emporter ne sera toutefois pas intégrés, faute de matériel adéquat. Certains, comme les magasins de sushi ou les pizzerias, attendent le développement de conteneurs d'une forme plus adaptée à leurs produits. Des fast-foods, plus gros producteurs de déchets retrouvés dans le littering, ont aussi été approchés. Mais leur taille et l'existence de standards internationaux font obstacle à l'introduction des barquettes consignées. La réglementation internationale à venir, notamment dans l'Union européenne, fait toutefois évoluer même les plus grands. McDonald's cherche en effet comment se passer des éléments en plastique de ses emballages, comme les couvercles de pot de glace qui devraient être transformés d'ici fin 2020.

Autre bastion des emballages jetables, la livraison à domicile ne devait pas évoluer pour l'instant. «Libre aux restaurateurs de le proposer, mais nous n'avons pas contacté les plateformes comme smood ou eat.ch pour l'instant, car c'est un niveau de complexité encore supérieur au niveau de la répartition des tâches et des coûts», précise Susanne Sax. Et Natacha Litzistorf de rappeler que le projet est appelé à évoluer.

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