MEDIAS : «Vanity Fair» accusé de racisme
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MEDIAS «Vanity Fair» accusé de racisme

Le magazine américain a accordé très peu de place aux actrices afro-américaines en une du numéro spécial Hollywood. Une polémique récurrente.

par
Albertine Bourget
La traditionnelle couverture hollywoodienne se compose d'un double rabat. Cette année, Mario Testino se trouvait derrière l'objectif.

La traditionnelle couverture hollywoodienne se compose d'un double rabat. Cette année, Mario Testino se trouvait derrière l'objectif.

Les heureuses élues ont pour nom Rooney Mara («Millenium»), Jessica Chastain («The Tree of Life»), Mia Wasikowska ou Elizabeth Olsen, la petite sœur de Mary-Kate et Ashley. Elles comptent parmi la douzaine de starlettes qui ornent la «une» du «Vanity Fair» de mars, le spécial Hollywood. Parmi elles, une seule actrice de couleur, reléguée en deuxième volet du triptyque: Adepero Oduye. Cette New-Yorkaise d'origine nigériane a fait sensation pour son interprétation d'une ado lesbienne dans le film «Pariah».

Le reflet de Hollywood?

Alors que «The Help», sur l'Amérique raciste des années 1960, a été l'un des grands succès de 2011 et que ses interprètes, Viola Davis et Octavia Spencer, sont nominées aux Oscars, la quasi-absence d'actrices afro-américaines dans le magazine fait mauvais genre. «Cette couverture est tout simplement le reflet de Hollywood, qui offre très peu d'opportunités à des acteurs noirs renommés et, semble-t-il, encore moins aux jeunes», déplore un internaute sur le site du «New York Magazine».

La blogosphère a beau jeu de rappeler que la polémique n'est pas nouvelle; en 2008, Zoe Saldana («Avatar») avait elle aussi été placée dans la partie repliable de la couverture. Il y a deux ans, Gaboure Sidibey, pourtant nominée aux Oscars pour «Precious», avait carrément été snobée.

Appel dans «Le Monde»

La question ne fait pas uniquement débat outre-Atlantique. Des personnalités comme Jalil Lespert, Noémie Lenoir ou Audrey Pulvar ont signé, dans «Le Monde» daté du 31 janvier, un appel à une plus grande diversité ethnique dans les médias. Le texte, «A quand une femme noire en couverture de «Elle»?», fait ironiquement référence à un récent éditorial de mode du magazine féminin, selon lequel «le chic est devenu une option plausible pour une communauté jusque-là arrimée à ses codes streetwear»…

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