Verbier (VS): Vanter le freeride fait jaser le milieu de la prévention

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Verbier (VS)Vanter le freeride fait jaser le milieu de la prévention

Les avalanches ont fait trois morts en trois jours en Valais. Mais la station de Verbier mise toujours sur le hors-piste pour séduire. Inquiétude.

par
Francesco Brienza
La station propose des accompagnants, mais la pub montre un rider seul dans une pente vierge.

La station propose des accompagnants, mais la pub montre un rider seul dans une pente vierge.

«C'est clair: le freeride, c'est beau. Mais montrer des messages contradictoires peut être dangereux et donner de mauvaises idées.» Porte-parole du Bureau de prévention des accidents (BPA), Daniel Menna est peu enthousiaste en évoquant les publicités qui vantent les mérites du hors-pistes. Or, l'office du tourisme de Verbier s'offre actuellement un spot TV à une heure de grande audience, sur la RTS. Sur celui-ci, un rider slalome tout seul sur une épaisse couche de poudreuse dans un décor idyllique.

Mais est-ce bien raisonnable, alors qu'une deuxième personne, un Genevois de 48 ans, est décédé jeudi après les avalanches de mercredi à Nendaz? «Nous avons des itinéraires sécurisés pour la pratique du ski hors-piste, rétorque Eric Balet, directeur de Téléverbier SA. Et nous proposons des guides pour accompagner les riders. C'est justement l'un de nos meilleurs atouts.» Selon lui, le BPA «s'acharne sur les avalanches» car il s'agit d'un phénomène très émotionnel. «Je n'ai pas l'impression que les noyades retiennent autant l'attention, pourtant elles font davantage de victimes chaque année.»

Tous les jours, plus de 5000 personnes s'adonnent au hors-piste sécurisé à Verbier, «dont ma propre fille!», assure Eric Balet. Pour «la vraie» haute-montagne, le directeur de Téléverbier et le BPA parlent d'une voix: «Laissez-ça aux pros!»

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