Actualisé 06.04.2020 à 04:47

Coronavirus

L'espoir commence à naître en Europe

Alors que les USA sont submergés, le nombre de morts diminue en Italie, Espagne et en France. En Grande-Bretagne, la reine a elle prononcé une allocution historique.

Des marchands de tulipes hollandais ont écrit avec leurs fleurs leur espoir d'une fin de pandémie.

Des marchands de tulipes hollandais ont écrit avec leurs fleurs leur espoir d'une fin de pandémie.

Keystone

Un peu d'espoir quant à l'épidémie de coronavirus émerge en Europe, le continent qui recense le plus de morts, mais qui pourrait voir ses chiffres refluer, tandis que les États-Unis s'attendent à une semaine extrêmement difficile, de l'aveu du président Donald Trump.

La pandémie a fait au moins 68'125 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, pour près de 1'245'000 cas recensés, d'après un bilan établi par l'AFP dimanche soir.

L'un d'eux est le Premier ministre britannique Boris Johnson. Dix jours après avoir été testé positif, il a été hospitalisé dimanche. «Mesure de précaution», ont assuré ses services: il reste aux commandes. Le chef de gouvernement conservateur «continue de présenter des symptômes persistants du coronavirus», cependant.

Des signes encourageants apparaissent, timidement, en Europe, où ont été dénombrés plus de 70% des décès causés par la maladie, selon les sources officielles. En Italie, «la courbe a commencé sa descente», constatait dimanche le patron de l'Institut supérieur de la Santé, Silvio Brusaferro.

Le pays, qui compte près de 16'000 morts, sait néanmoins qu'il a «encore quelques mois difficiles» devant lui, a insisté le ministre de la Santé, Roberto Speranza. «Il ne faut pas baisser la garde», a confirmé le Premier ministre Giuseppe Conte. La solidarité s'organise comme elle peut, avec de la nourriture passée de balcon en balcon dans les quartiers pauvres de Naples.

En Espagne, «la pression diminue» grâce à «une certaine décrue» des hospitalisations et admissions en soins intensifs, s'est félicitée Maria José Sierra, du Centre d'alertes sanitaires. Mais le pays, après plus de 12'000 morts, étudie «très sérieusement» l'idée d'imposer le masque pour sortir de chez soi.

«Comme Pearl Harbor»

En Grande-Bretagne, le moment était assez solennel pour une allocution, rare, de la reine Elisabeth II. «Nous vaincrons - et cette victoire sera celle de chacun d'entre nous», a lancé la souveraine de 93 ans. «Et ceux qui nous succéderont diront que les Britanniques de cette génération étaient aussi forts que les autres».

Aux États-Unis, où le bilan approche 10'000 morts (9633 dimanche), la propagation inquiète. «Dans les jours à venir, l'Amérique va supporter le pic de cette terrible pandémie. Nos combattants dans cette bataille à la vie et à la mort sont les incroyables médecins, infirmiers et personnels de santé en première ligne», a affirmé dimanche soir le président Donald Trump.

«Nous savons tous que nous devons atteindre un certain seuil, qui va être horrible en terme de morts, pour que les choses commencent à changer. Nous arrivons tout près de ce point-là maintenant. Et les deux prochaines semaines vont être, je pense, très difficiles», a-t-il jugé.

Le directeur de l'Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci, a évoqué une mortalité «en train de se stabiliser». Mais «ça va être une mauvaise semaine» et «nous avons du mal à contrôler» la pandémie, a-t-il admis.

L'administrateur fédéral des services de santé publique, Jerome Adams, a préparé l'opinion publique au pire. «La semaine prochaine sera un moment comme Pearl Harbor, comme le 11-Septembre, sauf que ce ne sera pas localisé, ce sera dans tout le pays».

Donald Trump ne s'est cependant pas départi de son volontarisme. «Nous voulons faire retourner les gens au travail. Tout le monde veut revenir. Nous voulons ouvrir le pays aussi vite que possible», a-t-il souligné.

Montrer l'exemple

Dans l'épicentre, la mégalopole de New York, le système de santé est «en situation de stress» faute «d'équipements et de professionnels» en nombre suffisant, d'après le gouverneur de l'État, Andrew Cuomo. Une baisse du nombre de morts dimanche lui a fait espérer être «très proche du pic», même s'il «est encore trop tôt» pour le savoir.

Partout dans le monde, les dirigeants tentent de convaincre leurs concitoyens de tout faire pour éviter la propagation de l'épidémie, et de montrer l'exemple. C'est dans une basilique Saint-Pierre quasi vide que le pape François a célébré dimanche la messe des Rameaux. Il refera de même pour celle de Pâques le dimanche suivant.

Le roi de Suède Carl XVI Gustaf a appelé ses sujets à ne pas organiser de réunions de famille à Pâques, soulignant que «cela ne va pas être possible» en pleine pandémie. Lui-même s'en abstiendra, même si le pays est l'un des rares en Europe à ne pas confiner sa population.

Quant au Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, il a choisi d'endosser de nouveau sa blouse de médecin une fois par semaine. D'après l'«Irish Time», il doit évaluer par téléphone des symptômes de patients.

Les mesures les plus strictes restent en vigueur, et les plus vulnérables en souffrent. Singapour, ville-État qui a traqué sans relâche tous les cas avec des tests en très grand nombre, a repéré un foyer de la maladie dans des résidences logeant des travailleurs migrants. Les autorités ont donc décidé d'en placer 20'000 en quarantaine.

En Irak (plus de 800 morts), où l'arrêt de l'activité signifie la misère pour les précaires, «la pauvreté alimentaire pourrait toucher près de 50% de la population d'ici mai», selon un responsable gouvernemental.

Enfin, le secrétaire de l'ONU Antonio Guterres a eu une pensée pour les femmes et jeunes filles. Avec le confinement, «le monde a connu une horrible flambée de violence domestique (...) Je lance aujourd'hui un nouvel appel pour la paix à la maison, dans les foyers, à travers le monde entier». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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