Actualisé 07.03.2006 à 20:30

Vaud et Valais se ruent sur le Tamiflu

Les deux cantons ont voulu compléter leurs réserves. En cas de pandémie, ils pourraient ainsi répondre pendant deux à trois semaines aux besoins. Pour l'heure, les autres cantons n'ont pas pris de mesure semblable.

Les réserves vaudoises seraient destinées au personnel médical et aux premières personnes malades, «en attendant les compléments prévus par la Confédération», a expliqué à l'ATS Anouck Farine, porte-parole du Département de la santé et de l'action sociale, et confirmant une information parue dans "Le Temps".

Un raisonnement similaire a poussé le Valais à faire de même. La réserve fédérale de Tamiflu est stockée à Bâle par l'entreprise Roche, a relevé le conseiller d'Etat valaisant en charge de la santé Thomas Burgener.

Or, «nous avons des doutes réels quant à la capacité des autorités fédérales d'organiser partout et rapidement la distribution», s'est-il justifié.

10 000 boîtes

Le Valais avait décidé l'été dernier déjà de prendre des mesures, estimant que le danger n'était pas suffisamment pris au sérieux par la Confédération. «Il est de ma responsabilité de tout préparer et je ne veux pas que l'on puisse nous reprocher de ne pas en avoir fait assez», a-t-il encore dit.

Il a donc ordonné la constitution d'un stock de quelque 10'000 boîtes de Tamfiflu, achetées à bon prix. Selon l'ordonnance fédérale sur les mesures de lutte contre une pandémie, les cantons peuvent obliger leurs hôpitaux à maintenir des stocks de médicaments. La plupart d'entre eux possède d'ailleurs déjà du Tamiflu pour faire face à d'autres types de grippe.

Pas nécessaire

«Ce qui est normal», a déclaré le conseiller d'Etat lucernois Markus Dürr, président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS). Il ne juge en revanche pas nécessaire d'en posséder en quantités supérieures, d'autant plus que l'efficacité du Tamiflu contre la grippe aviaire n'est pas certaine.

«Ce virus existe depuis 50 ans et il n'a jamais muté en pandémie», a-t-il ajouté. Et si cela arrivait, les premiers cas surviendraient en Asie, ce qui laisserait suffisamment de temps à la Suisse pour prendre les mesures classiques de protection, comme l'isolement, bien plus efficaces, et pour commencer à produire un vaccin.

Plan de pandémie fédéral

Sans vouloir critiquer les décisions valaisannes et vaudoises, M. Dürr a constaté qu'elles ont mis une certaine pression sur les autres cantons. «Nous en avons discuté à la CDS et nous préférons attendre le plan de pandémie de la Confédération», à la fin du mois de mars, «pour prendre des mesures».

Dans ce plan, la coordination de la distribution du Tamiflu sera coordonnée avec les cantons, a indiqué Jean-Louis Zürcher, porte- parole de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). «Nous allons tenter de trouver un dénominateur commun», a-t-il ajouté.

Pour 2 millions de personnes

A propos des mesures valaisannes et vaudoises, l'OFSP en a pris acte, car il existe une souveraineté cantonale en la matière, a expliqué M. Zürcher. La Confédération a constitué un stock de médicament pour environ deux millions de personnes en Suisse, conformément aux directives de l'Organisation mondiale de la santé.

Par ailleurs, des négociations sont en cours avec différentes entreprises pharmaceutiques pour produire un éventuel vaccin pandémique au cas où le virus de la grippe aviaire muterait et deviendrait transmissible d'homme à homme. Le Conseil fédéral sera informé du résultat de ces discussions à la fin mai, a précisé M. Zürcher. (ats)

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