Prison: Vaud présente sa politique pénitentiaire
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PrisonVaud présente sa politique pénitentiaire

Cette feuille de route est un «outil de travail précurseur et inédit» en Suisse romande.

Béatrice Métraux,cheffe du Département des institutions et de la sécurité (DIS).

Béatrice Métraux,cheffe du Département des institutions et de la sécurité (DIS).

photo: Keystone

Plus de places de détention et de personnel, prise en charge différenciée des détenus, meilleure coordination et évaluation des risques: le canton de Vaud a défini ses priorités et présenté sa politique pénitentiaire. Une démarche encore inédite en Suisse romande.

Après les drames, la réflexion. Le décès en prison de Skander Vogt en 2010 et la mort de Marie tuée par un détenu en arrêts domiciliaires en 2013 ont débouché sur un rapport de 200 pages. Celui-ci définit la politique pénitentiaire du canton de Vaud, un «outil de travail précurseur et inédit», selon la conseillère d'Etat Béatrice Métraux.

Cette «feuille de route» pose des jalons. «Nous avons fait ce travail pour savoir où on va», a expliqué lundi devant la presse la cheffe du Département des institutions et de la sécurité (DIS). Car, de son propre aveu, il reste encore beaucoup de défis à relever.

Plus de détenus et de personnel

Dans les prisons vaudoises, la surpopulation carcérale reste une réalité, avec des taux d'occupation de 150-170%. En dix ans, les «nuitées pénitentiaires» ont augmenté de 39%. Quelque 250 places de détention ont pourtant été créées ces trois dernières années et d'autres suivront, conformément à la planification présentée en juin.

La dotation en personnel du Service pénitentiaire (SPEN), qui compte aujourd'hui quelque 600 collaborateurs, va croître, ce qui l'amènera à développer une gestion prévisionnelle de ses ressources humaines. L'attractivité des métiers pénitentiaires devra être valorisée.

Adapter la prise en charge

La prise en charge des populations minoritaires doit être adaptée à leurs besoins spécifiques. «On ne travaille pas avec un mineur comme avec une personne de plus de 60 ou 65 ans», a rappelé Sylvie Bula, cheffe du SPEN. Dans les prisons vaudoises, il y a environ 5% de femmes, 1% de mineurs, 1,5% de seniors et 20% de détenus à problèmes psychiques frappés d'une mesure thérapeutique ou d'un internement.

Les réformes sécuritaires lancées après les évasions de 2012 vont se poursuivre, avec une évaluation dynamique des risques. «Une veille est essentielle. Il faut détecter au plus tôt les comportements à risques, les actes préparatoires», a relevé Mme Bula.

Dangerosité évaluée

Au SPEN, l'Unité d'évaluation criminologique évalue en continu la dangerosité des détenus. Ces dernières années, ses compétences ont été étendues aux femmes et aux personnes en détention provisoire. Il devra bénéficier des outils «de dernière génération», a dit Sylvie Bula.

Enfin, l'indispensable coordination avec la chaîne pénale et avec les acteurs socio-sanitaires sera poursuivie. Les nouvelles règles fixées après le drame de Payerne sont entrées en vigueur il y a six mois, et le canton en tire un premier bilan positif.

Les échanges d'informations entre les thérapeutes et le SPEN «se font», a dit la conseillère d'Etat, qui précise qu'il ne s'agit en aucun cas de la fin du secret médical. «Pour les faits importants, cela fonctionne bien», a renchéri Sylvie Bula. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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