Actualisé 24.03.2020 à 19:36

Vaud

Écoles: ce ne sera pas une année de perdue

L'exécutif vaudois a fait le point sur les mesures prises pour faciliter l'école à distance. Des ordinateurs sont notamment à disposition des familles qui n'en disposeraient pas.

Photo d'illustration.

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AFP

Le canton de Vaud a tenté de rassurer mardi tant les enseignants et les élèves que les syndicats et les parents: les solutions pour l'enseignement à distance se mettent en place. Il a pris trois décisions: adapter le contenu du programme scolaire, annuler les épreuves cantonales de référence (ECR) et harmoniser les outils de travail.

Des critiques se faisaient sentir depuis plusieurs jours, tant du côté des syndicats via communiqués que de parents d'élèves, selon des feedbacks récoltés par Keystone-ATS: impréparation face à une telle situation, manque de coordination au niveau de tout le canton, absence d'outils et de plateformes informatiques communs, impression que chaque école et enseignant sont livrés à eux-mêmes, improvisation, trop peu de cours par vidéo, pas de suivi, etc.

«Malgré les efforts déployés et les outils à disposition, l'enseignement à distance ne pourra pas se substituer à la présence des élèves en classe», a reconnu la cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) Cesla Amarelle. Elle a clairement réfuté l'idée d'un chaos généralisé mais admis qu'il était «normal d'avoir un peu de flottement». «Il nous fallait un minimum de temps pour mettre l'enseignement à distance en place».

Huit jours après la fermeture des écoles, Cesla Amarelle s'est donc montrée confiante pour la suite. «Le défi est relevé au quotidien par les parents, les élèves et les enseignants en première ligne et l'élan de solidarité, de créativité et d'implication est impressionnant», a-t-elle relevé.

Plus de notes pour l'instant

Le Conseil d'Etat et le DFJC ont décidé d'adapter le cadre général de l'enseignement obligatoire par une série de mesures. Première certitude: l'année scolaire 2019-2020 sera prise en compte même si elle est tronquée de plusieurs semaines. «Ce n'est donc pas une année de perdue», a insisté la cheffe de la formation.

Le contenu des cours est priorisé, les enseignants font des choix sur les thèmes retenus et consolident les acquis. Un temps indicatif et harmonisé à consacrer quotidiennement aux activités scolaires est recommandé en fonction de l'âge et du degré scolaire. «En gros, 2h par jour de la 1ère à la 4e année, 2,5h de la 5e à la 8e et 3,5h de la 9e à la 11e pour l'obligatoire», à détaillé Cesla Amarelle.

La question des notes a été tranchée. Aussi longtemps que l'enseignement à distance est imposé, toute évaluation notée est proscrite, indique le canton. Les ECR sont annulées et les décisions de promotion, d'orientation et de réorientation sont prises sur la base des résultats obtenus en présentiel uniquement.

Enfin, les critères de promotion et d'orientation seront aménagés, les situations particulières prises en compte et l'appréciation des cas limites sera assouplie. La question des examens finaux de 11e année - annulés ou repoussés - doit encore être tranchée.

Le canton a aussi décidé de renforcer «la cohérence et la stabilité de la relation enseignant-élève». Pour ce faire, il va mettre à disposition par la Direction générale de l'enseignement obligatoire (DGEO) d'un outil commun de communication (agenda électronique) et de collaboration. Il sera aussi complété par une plate-forme commune d'enseignement à distance.

Eviter les inégalités

Diverses mesures sont également prises pour que ces outils «ne deviennent pas un facteur d'inégalité», comme la mise à disposition par les établissements d'ordinateurs aux familles qui n'en disposent pas (environ 5%, selon le DFJC) ou la mise à disposition d'activités spécifiques pour les élèves allophones. les enseignants peuvent en outre signaler les élèves en difficulté ayant besoin d'un service d'appui scolaire ciblé et le DFJC organisera ce suivi.

Depuis le 16 mars dernier, les établissements scolaires vaudois accueillent les élèves dont les parents sont au service d'activités indispensables ou qui n'ont pas de solution de garde. En première semaine, 800 élèves en moyenne ont été accueillis chaque jour. Depuis lundi, la moyenne se situe à 600 élèves, selon le canton.

S'agissant de l'enseignement post-obligatoire, les apprentissages et les gymnases, le canton dit devoir attendre une décision harmonisée au niveau fédéral. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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