Plan climat - Vaud veut remplacer le béton par du bois
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Plan climatVaud veut remplacer le béton par du bois

L’utilisation du bois indigène et d’essences d’avenir pour faire face aux changements climatiques est la nouvelle mesure phare du Plan climat cantonal. Le Conseil d’État demande au Grand Conseil un crédit de 34 millions pour aller de l’avant.

par
Samantha Medley
Adapter nos forêts et valoriser le bois indigène sont les nouvelles mesures du Plan climat vaudois.

Adapter nos forêts et valoriser le bois indigène sont les nouvelles mesures du Plan climat vaudois.

Vanessa Cardoso

«Nous agissons pour les générations futures et on essaie d’embarquer tout le monde.» C’est ce qu’a déclaré devant la presse la conseillère d’État vaudoise Béatrice Métraux lors de la présentation des nouvelles mesures du Plan climat cantonal. La promotion du bois indigène et l’adaptation de la forêt aux changements climatiques sont les actions phares de ce nouveau paquet estimé à 34 millions. Ce crédit fait partie des 173 millions de francs d’investissements réservés au Plan climat qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 à 60% d’ici à 2030 et à atteindre la neutralité carbone en 2050.

Remplacer le béton par du bois

L’État veut favoriser et valoriser l’utilisation du bois. D’une part, en renforçant la filière, d’autre part en encourageant les constructions en bois indigènes. «Le but est de remplacer le béton par du bois», a indiqué la conseillère d’État. Des incitations financières sont notamment prévues dans ce sens.

Adaptation des forêts

«Si on n’adapte pas la forêt aux conditions climatiques, le volet loisirs et le volet protection vont disparaître. Cela est dramatique», a mis en garde Béatrice Métraux. La reconversion de près de 5800 hectares de forêts vaudoises avec des essences d’avenir, comme le mélèze, le chêne, le pin, etc., est un des autres axes de la stratégie climatique cantonale. Une enveloppe de 25 millions de francs sera à disposition des propriétaires forestiers, dont les communes, pour mettre en place de nouvelles essences.

Ce changement donnera du fil à retordre aux forestiers et ne sera pas sans conséquences pour l’industrie du bois qui va devoir remplacer l’épicéa par une autre essence. «On n’a jamais fait face à un tel changement. On va devoir réfléchir à planter aujourd’hui un arbre à un endroit pour qu’il s’adapte au climat dans 80 à 100 ans», a admis Jean Rosset, inspecteur cantonal des forêts.

Autres mesures

Dans ce paquet, 5,1 millions de francs sont destinés à financer des mesures d’impulsion: des plans de mobilité, l’évacuation des eaux et la protection des sols. À cela s’ajoutent des plans pour diminuer l’empreinte carbone dans les institutions sanitaires subventionnées par l’État et une réflexion pour lutter contre le gaspillage alimentaire au CHUV.

Le Grand Conseil va devoir se prononcer sur ce paquet de mesures estimé à 34 millions. D’ici à la fin de l’année, le Conseil d’État présentera les trois dernières actions concernant l’agriculture, la biodiversité et les dangers naturels, avant de se pencher sur la feuille de route pour l’élaboration du Plan climat vaudois 2e génération.

Le Canton de Genève avait présenté début juin ses objectifs.

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