Actualisé 24.07.2009 à 16:43

Moscou

Veillée en hommage à Estemirova dispersée par la police

Une veillée funèbre organisée à Moscou en hommage à la militante russe des droits de l'homme Natalia Estemirova s'est terminée par des échauffourées avec la police.

Son organisateur, Victor Sotirko, a été arrêté.

Conformément à la tradition orthodoxe, la veillée a eu lieu neuf jours après le meurtre de Natalia Estemirova. Quelque 150 personnes s'étaient réunies jeudi sur la place Pouchkine pour y assister, soit plus que le nombre accepté par les autorités.

Quand tout le monde a été dispersé, à l'exception d'une vingtaine de personnes, une dizaine de policiers ont interpellé Victor Sotirko, 70 ans, un militant de l'organisation Memorial pour laquelle travaillait Mme Estemirova, a rapporté un témoin.

»Ils se sont dits qu'il leur fallait arrêter quelqu'un sous peine d'être accusés de ne pas faire leur travail», a dit Victor Sotirko à Reuters.

Accusation

»Je leur ai demandé pourquoi. Alors que notre militante est morte, que le gouvernement est accusé, qui aggrave la situation avec ces arrestations? C'est une manifestation pacifique, mais c'est comme cela qu'ils comprennent leur mission», a-t-il dit.

Memorial accuse l'homme fort de la Tchétchénie, le président Ramzan Kadirov, d'avoir ordonné le meurtre de Natalia Estemirova, qui était basée à Grozny et a été retrouvée tuée en Ingouchie après avoir été enlevée le 15 juillet. Ramzan Kadirov a rejeté l'accusation.

Les autres participants à la veillée ont réagi à l'arrestation de M. Sotirko en encerclant les policiers et en leur criant leur colère. Aucun renfort n'a été envoyé et aucune autre arrestation n'a été effectuée.

La plupart des manifestants de la place Pouchkine se sont rendus ensuite dans les locaux de Memorial pour entendre des proches et collègues de Natalia Estemirova raconter leurs souvenirs de la militante assassinée.

Mesure prise

Lioudmila Alexeïeva, directrice du groupe d'Helsinki, la plus vieille ONG de Russie, a salué le courage de Mme Estemirova face aux actes d'intimidation.

»La peur qui s'infiltre en Tchétchénie est aussi profonde que celle que les gens ressentaient à l'époque de Staline, quand on avait peur de prononcer un mot, même aux gens qu'on aime. Natalia se battait contre ça», a-t-elle dit.

Memorial a annoncé lundi la suspension de ses activités en Tchétchénie pour la sécurité de ses employés.

»Je ne sais pas comment nous allons de nouveau travailler là- bas», a déclaré une militante de Memorial, Varvara Pakhomenko. «Au fil du temps, nous aurons probablement de nouvelles idées mais pour le moment, nous avons peur», a-t-elle dit.

(ats)

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