Suisse romande: Vendanges 2013: peu, mais bon, selon les vignerons
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Suisse romandeVendanges 2013: peu, mais bon, selon les vignerons

Les vendanges 2013, qui commencent à peine, devraient déboucher sur un millésime placé sous le signe de la qualité en Suisse romande. Celle-ci doit compenser les déficits en quantité résultant de la météo difficile.

«Le mois de juin, marqué par la pluie et le froid, a induit une mauvaise pollinisation des fruits. Nous allons donc récolter environ 10% de moins qu'habituellement sur pas mal de cépages. Cela va ramener notre production à moins d'une bouteille par mètre carré», indique à l'ats Pierre-Antoine Héritier, président de la Fédération valaisanne des vignerons.

Un gain en qualité devrait compenser ce recul quantitatif. «Vu qu'il y a moins de fruits sur chaque plante, les arômes et le sucre notamment sont plus concentrés. Les raisins présentent également une pulpe plus belle qu'à l'accoutumée», explique M. Héritier.

Contrairement à la météo du printemps, «les mois de juillet, août et septembre se sont distingués par un temps assez sec et des températures plutôt bonnes. Le raisin, qui n'apparaît pas avant ces mois-ci, est donc de bonne qualité, à défaut d'être présent en quantité», complète Yann Huguelit, président de l'Interprofession vitivinicole neuchâteloise.

Le déficit en quantité implique toutefois des effets négatifs. «Nous serons moins présents sur le marché», souligne Gilles Cornut, président de la Communauté interprofessionnelle du vin vaudois.

Vendanges tardives

Cette bonne qualité ne devrait pas être influencée par le fait que les vendanges 2013 soient tardives. Mais «la météo de la semaine prochaine sera décisive: il faut qu'il fasse beau», appelle de ses voeux M. Cornut. «La pluie nous empêcherait de récolter à temps et donc d'éviter que les raisins ne mûrissent trop, voire pourrissent. On croise les doigts.»

Pierre-Antoine Héritier relativise le calendrier des vendanges. «Ce sont plutôt les années précédentes qui nous ont souvent gratifiés de récoltes avancées.»

Grêle

La viticulture romande a, à l'exception du Valais, été particulièrement frappée par la grêle en 2013. Deux tiers des 600 hectares du vignoble neuchâtelois ont été atteints, avec 11 millions de francs de dégâts à la clé.

Le manque à gagner devrait se limiter cette année, la plupart des vignerons étant assurés. Mais des difficultés pourraient apparaître dès l'an prochain, en raison de volumes de raisins insuffisants. Pour y remédier, le canton accordera des prêts. «Aucune demande n'a été faite pour l'instant», précise Yann Huguelit.

Dans le canton de Vaud, où 8,5 millions de pertes sont déplorés, les viticulteurs pourront recourir à un lissage fiscal. La déclaration d'une partie de l'indemnité de l'assurance grêle (50% au maximum) pourra être reportée d'une année, «pour éviter les à-coups», indique Gilles Cornut.

Le canton de Genève (3,5 millions de dégâts) ne prévoit lui pas de mesures particulières. Ses vignerons comptent d'une part sur leur assurance grêle et d'autre part sur la solidarité entre confrères.

Très peu d'achats hors canton

Celle-ci a bien fonctionné, indique Guillaume Potterat, responsable technique pour la viticulture et l'oenologie à la Direction générale de l'agriculture à Genève. De nombreux vignerons touchés par la grêle se sont arrangés avec des confrères afin de pouvoir récolter directement des raisins sur leur domaine.

Peu de vignerons-encaveurs neuchâtelois ont acheté du raisin dans d'autres cantons pour compenser les pertes entraînées par la grêle. Pourtant, les autorités cantonales ont doublé la quantité minimale qui peut être acquise hors canton. «Il est préférable d'acheter dans le même canton, cela permet généralement de conserver l'Appellation d'origine contrôlée (AOC)», souligne M. Huguelit. (ats)

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