Actualisé 27.07.2015 à 15:30

Rome (I) / Genève

Vendetta organisée pour venger un viol présumé

L'agression de l'étudiant genevois poignardé à Rome mi-juillet est résolue. Quatre personnes sont sous les verrous et prévenues de tentative d'homicide.

de
Alberto Tikulin / Jérôme Faas

La police romaine a fourni une vidéo montrant les armes du crime et les traces de sang laissées par l'agression.

Les agresseurs de Mario*, l'étudiant genevois poignardé à Rome dans la nuit du 17 au 18 juillet, sont sous les verrous. Le jeune homme, qui s'apprête à intégrer la Haute école de gestion du bout du lac, avait été très violemment attaqué dans un appartement de la ville éternelle en compagnie de son cousin, qui réside sur place. Les garçons, touchés à l'abdomen pour l'un, à la tête pour l'autre, étaient tombés dans un guet-apens ayant pour origine une histoire de fille. La police italienne a interpellé deux femmes de 25 et 26 ans et deux hommes de 26 et 27 ans, leurs petit ami et ex-concubin.

Les deux Romains ont attaqué Mario et son cousin avec un couteau de cuisine et une paire de ciseaux. Ils ont déclaré aux forces de l'ordre avoir voulu se venger du viol présumé de l'une des deux amies. Les quatre protagonistes sont dorénavant prévenus de tentative d'homicide.

La semaine dernière, depuis son lit d'hôpital, Mario expliquait être arrivé à Rome le vendredi 17 pour assister à un mariage. Son cousin lui avait proposé de sortir avec une fille rencontrée la veille en boîte de nuit. C'est dans l'appartement de celle-ci, où une copine l'accompagnait, qu'ils ont été attaqués et grièvement blessés par deux hommes.

Les enquêteurs ont suivi les traces de sang

La police explique avoir reçu le signalement des jeunes blessés et s'être immédiatement rendue sur place. Les agents les ont trouvés ensanglantés dans une rue du quartier Esposizione (EUR), ont appelé les secours puis, à la manière du petit Poucet, ont suivi les traces de sang qui les ont menés sur les lieux du crime. Les deux filles se trouvaient encore sur place. Elles ont été arrêtées.

Les agresseurs avouent

L'ex-copain de l'une d'elles a vite été retrouvé. «Il a admis sa participation à l'agression. D'après la reconstitution des faits, confirmée par le Ministère public, le traquenard aurait été organisé pour punir l'un des deux jeunes présents. Celui-ci aurait été responsable d'un viol sur l'une des jeunes femmes», indique la police romaine. Le second agresseur, soit le compagnon de l'une des Italiennes, s'est rendu par la suite à la police de La Spezia, en Ligurie, ville situé au nord de Pise, à 400 km de la capitale.

«La fille a inventé cette histoire de viol»

Mario corrobore l'explication de la police. «C'est bien mon cousin qui était visé. Il avait en effet eu un rapport avec l'une des filles la veille. Un rapport consenti. Les tests médicaux ordonnés par la police l'ont confirmé. Mais la fille, comme son ami est très jaloux, a inventé cette histoire de viol pour se dédouaner.»

Le jeune homme va encore rester à Rome jusqu'à demain mardi, jour où il doit se faire ôter les points de suture qui lui ont été posés pour fermer ses plaies au ventre. Il rentrera à Genève dans la foulée. Son cousin, touché à la tête, était déjà sorti de l'hôpital la semaine dernière.

*Prénom d'emprunt

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