Actualisé 20.06.2017 à 09:20

Hockey - NHL

Vendredi, Nico Hischier va écrire l'histoire

Le Valaisan de 18 ans va-t-il devenir le premier Suisse à être drafté en première position en NHL? Réponse ce week-end et interview en attendant.

de
Marcel Allemann, rca
Nico Hischier et son trophée de "CHL Rookie of the Year".

Nico Hischier et son trophée de "CHL Rookie of the Year".

Keystone/AP/Adrian Wyld

Le site de 20 minuten a pu parler avec la future star, avant qu'il prenne son envol pour l'Amérique du Nord. Le joueur des Halifax Mooseheads y est très attendu, car il pourrait bien, selon une partie des analystes du hockey sur place, être choisi en toute première position par les New Jersey Devils, dans la nuit de vendredi à samedi, du côté de Chicago. Morceaux choisis.

Vous vous envolez mercredi avec vos parents pour l'Illinois. Nerveux?

Oui, on peut le dire… Mais je parlerais plus d'impatience que de nervosité. Je me réjouis juste énormément de ce jour-là.

Comment décrivez-vous cette sorte d'impatience? Est-ce la même qu'avant un tournoi important?

C'est un peu différent de ce que je ressens avant une grosse compétition. Car je ne peux influencer le résultat. Je suis juste heureux de pouvoir profiter de cette journée.

Les projections vous annoncent comme No 1 de cette draft. Qu'est-ce que cela signifierait pour vous d'être choisi à cette position par les Devils du New Jersey?

Je serais d'abord très, très heureux. Mais je le serais également si je devais être repêché en 2e, 3e ou 4e position…

Ainsi, vous seriez tout de même devant Nino Niederreiter, le Suisse le «mieux drafté» jusqu'ici (5e par les NY Islanders en 2010). Battre ce «record de Suisse», est-ce que ça sonne bien à vos oreilles?

Oui, dans tous les cas, même si je ne suis pas choisi d'entrée, j'aimerais surpasser Nino. Ce serait un énorme honneur pour moi.

Vos prestations ont fait grand bruit en Amérique du Nord la saison dernière. Comment garde-t-on la tête froide à seulement 18 ans?

Ce n'est pas si compliqué que ça… J'ai décidé de me focaliser sur le hockey et me concentrer sur mon jeu. J'ai essayé de ne pas trop faire attention aux pressions extérieures et à ce qui s'écrivait sur moi. J'ai bien entendu saisi quelques trucs ici ou là, par un moyen ou par un autre. Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, on ne peut pas échapper à cela.

A combien de demandes de selfies avez-vous dû vous plier l'année dernière?

A Halifax, déjà quelques-unes… Il y avait quelques fans qui nous attendaient à la sortie des vestiaires après les matches. On m'en a demandé aussi des fois, lorsque je me promenais au centre commercial.

Et ça fait quoi?

C'est spécial. Mais j'y ai été préparé! Je savais que cela arriverait, ça fait partie du sport. Il n'y a rien de mal à ça, si vous pouvez rendre quelques personnes heureuses…

Et comment ça se passe, chez vous, à Naters? Pouvez-vous encore vous promener tranquillement?

Il n'y a absolument aucun problème. Je suscite un peu plus d'intérêt que dans le passé, mais je peux encore me balader tranquillement dans la rue.

Vous semblez particulièrement mûr pour votre âge. Comment l'expliquez-vous?

Peut-être parce que j'ai très vite été confronté à des joueurs plus âgés que moi. Aussi, sans doute, car j'ai très vite quitté ma famille, à 15 ans pour rejoindre Berne. Puis que j'ai déménagé à Halifax. Humainement, cela fait un pas en avant à chaque fois.

En général, les Suisses sont réputés pour ne pas être assez durs devant le but. Vous, c'est le contraire. Que faites-vous de différent?

Ce n'est absolument pas comparable. Je n'ai jamais joué en équipe A avec la Nati. Plus le niveau est haut, plus il devient difficile de mettre des buts. Mais pour moi, il y a de nombreux attaquants helvètes qui sont très bons. Je ne suis pas d'accord pour dire qu'ils ont des soucis à l'heure de mettre le puck au fond.

Vous avez déjà vos propres fans. Mais vous, qui admirez-vous?

Pavel Datsyuk, qui a longtemps joué en NHL et évolue désormais en KHL. Je le suis depuis très longtemps.

Qu'est-ce que vous aimez chez lui?

Son style de jeu, que ce soit en phase offensive ou défensive. C'est ce que j'aimerais réussir à produire et je ne peux que m'inspirer de pas mal de choses de sa part.

En tant que Valaisan, la défaite en finale de la Coupe du FC Sion ne vous a pas trop fait mal?

Je ne suis pas vraiment un fan, mais bien sûr que je suis le FC Sion quand je pense au football. Je suis aussi allé voir la finale à Genève… C'est dommage qu'ils aient perdu, mais ç'a été une expérience géniale.

Et qu'est-ce que Nico Hischier écoute comme musique?

Un peu de tout. Je m'adapte à la situation du moment…

Hischier ou Nolan?

Le principal «adversaire» de Nico Hischier pour la place de No 1 de la draft est un certain Nolan Patrick. Les analystes sont sûrs que ce sont ces deux jeunes qui seront choisis en premier. Mais dans quel ordre? Le Canadien a été le grand favori tout l'hiver, avant de se faire passer devant par le Haut-Valaisan. Celui qui sera appelé en premier vendredi soir rejoindra les New Jersey Devils. Le deuxième ira, lui, jouer avec les Flyers de Philadelphie.

La saison dernière, Patrick a marqué 20 fois et offert 26 assists en 33 rencontres de WHL avec les Brandon Wheat Kings. Il a été blessé une partie de l'exercice 2016-2017, comme régulièrement au cours de sa jeune carrière d'ailleurs. Nico Hischier, lui, a scoré à 38 reprises et distillé 48 passes en 57 parties de saison régulière de Ligue juniors majeure du Québec. Des chiffres et une solidité qui parlent en faveur de l'ancien junior de Viège.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!