Actualisé 04.12.2006 à 06:46

Venezuela: Chavez triomphe et proclame la «victoire de la révolution»

Le président vénézuélien Hugo Chavez a été réélu triomphalement dimanche soir.

Il a aussitôt proclamé la «victoire de la révolution» lors d'un discours enflammé contre les Etats-Unis.

«Le règne du socialisme est le règne du futur du Venezuela!», a lancé le dirigeant, chef de file de la gauche anti-américaine, apparu les bras levés en signe de triomphe au balcon du palais présidentiel de Miraflores, où il a lancé un salut au dirigeant cubain Fidel Castro.

L'ancien officier putschiste, victime d'un coup d'Etat avorté à son encontre en 2002, a averti que son pays, le plus riche en pétrole d'Amérique latine, ne serait «jamais une colonie américaine ni de quiconque», sous les acclamations d'une foule en délire.

Plus de 60% des voix

Le président sortant, âgé de 52 ans, a été crédité de 61,35% contre des voix contre 38,39% à son rival social-démocrate, Manuel Rosales, 53 ans, selon des chiffres officiels portant sur le dépouillement de 78,32% des bureaux.

Ces résultats ont été annoncés à la télévision par la présidente du Conseil national électoral (CNE), Tibisay Lucena, qui a souligné la transparence du scrutin.

Ancrage consolidé

Avec ce large succès, le président vénézuélien, à la tête depuis huit ans au Venezuela, consolide son ancrage dans le pays, améliorant même ses précédents scores puisqu'il avait été élu en 1998 et en 2000 avec 56% et 59,7% des voix.

«Nous avons donné une leçon à l'impérialisme américain. C'est une autre défaite pour le diable qui prétend diriger le monde», a clamé Hugo Chavez, annonçant l'»approfondissement, l'amplification et l'extension de la révolution», sous les acclamations de plusieurs milliers de sympathisants.

Rosales reconnaît sa défaite

Le rival du président sortant a reconnu publiquement sa défaite peu après l'annonce des résultats. «Nous reconnaissons que nous avons été battus», a-t-il déclaré lors d'un discours devant ses militants, tout en affirmant avoir réussi à «rétablir l'espoir».

«Nous avons commencé la lutte pour la construction d'un nouveau futur», a clamé M. Rosales, avant de conclure: «nous triompherons démocratiquement».

Quartiers défavorisés mobilisés

Les partisans du régime chaviste, sur le pied de guerre depuis l'aube, ont fêté leur victoire dès la clôture du scrutin, tirant des salves de feux d'artifice et de pétards dans les rues de la capitale.

La mobilisation a été particulièrement forte dans les quartiers défavorisés, où le président a bâti sa popularité en développant des programmes sociaux, baptisés «missions», financés largement par la manne pétrolière.

Reconnu pour sa gestion dans le riche Etat pétrolier de Zulia, son adversaire, Manuel Rosales avait dénoncé un régime «cubano- communiste», promettant de défaire les liens avec les pays hostiles aux Etats-Unis, notamment au Proche-Orient.

Après onze scrutins présidentiels intervenus depuis novembre 2005 dans la région, la réélection de Chavez constitue une mauvaise nouvelle pour Washington dans la lutte d'influence qui l'oppose à sa bête noire, désormais renforcée et chantre d'une intégration continentale sur un modèle anti-libéral.

(ats)

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