Vente YSL-Bergé: Vente controversée des deux bronzes de la discorde
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Vente YSL-BergéVente controversée des deux bronzes de la discorde

«Dans l'histoire moderne, les puissances impérialistes occidentales ont pillé beaucoup d'objets artistiques chinois au Palais d'été et ils doivent revenir en Chine», a répété mardi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

La vente de deux bronzes chinois pour 31,4 millions d'euros, en dépit des protestations de Pékin, a dominé mercredi soir à Paris le dernier jour de la dispersion de la collection d'art de Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. Ces enchères, marquées par une série impressionnante de records, ont rapporté 373 millions d'euros.

Les deux pièces, représentant une tête de rat et une tête de lapin d'une hauteur d'une quarantaine de centimètres, proviennent du sac du Palais d'été à Pékin par des soldats français et britanniques en 1860.

Même si ces oeuvres du XVIIIe siècle ont été achetées en toute légalité par le couturier Yves Saint Laurent, décédé le 1er juin dernier, et son compagnon l'homme d'affaires Pierre Bergé, le gouvernement chinois réclame leur restitution.

"Dans l'histoire moderne, les puissances impérialistes occidentales ont pillé beaucoup d'objets artistiques chinois au Palais d'été et ils doivent revenir en Chine", a répété mardi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Suggestion rejetée

Le gouvernement français a toutefois indiqué n'avoir été saisi «d'aucune démarche officielle» de la part du gouvernement chinois à ce sujet. Chaque antiquité a été acquise par un acheteur anonyme au téléphone, sans qu'il puisse être révélé si elles ont été acquises par la même personne.

Les enchères pour chaque pièce ont été disputées entre trois acheteurs potentiels au téléphone, sans qu'aucune offre n'émane de la salle d'enchères, installé sous l'immense nef du Grand Palais.

Chacune des deux antiquités a été vendue au même prix de 15,7 millions d'euros avec frais (14 millions d'euros sans frais), soit nettement au dessus de leur estimation de 8 à 10 millions d'euros.

Un journal officiel chinois, le «Global Times», avait qualifié d'avance mercredi cette vente de nouvel affront de la France à la Chine. Pierre Bergé avait proposé d'offrir les pièces à Pékin si le gouvernement chinois «donne en contrepartie les droits de l'homme, la liberté au Tibet et (accueille) le dalaï lama», une proposition qualifiée de «ridicule» par le gouvernement chinois.

Plus de 700 objets

Ces têtes «ont une excellente traçabilité. Elles ont été achetées sur le marché privé et vendues dans une vente privée. Il y a toujours la possibilité pour un pays qui veut récupérer certaines oeuvres de les racheter», avait commenté sur TV5Monde, peu avant la vente, la ministre de la Culture Christine Albanel.

Au delà des péripéties autour des deux antiquités chinoises, la vente de la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé est en tout cas devenue de loin la vente la plus importante d'une collection privée. Au total, 373 millions d'euros ont été engrangés, avec au moins de 25 records mondiaux pour des oeuvres d'artistes aussi majeurs que Matisse, Mondrian, Klee ou Géricault.

Plus de 700 objets - meubles, pièces d'orfèvrerie, sculptures et tableaux - étaient dispersés lors de la vente Pierre Bergé-Yves Saint Laurent.

Précédent record en 1997

Un tableau de Matisse, «Les coucous, tapis bleu et rose», a été vendu 32 millions d'euros, un record mondial pour le peintre français.

Le précédent record pour une vente privée avait été enregistré par la vente de la collection Victor et Sally Ganz pour 163 millions d'euros en 1997 à New York.

Pierre Bergé a annoncé que l'argent de la vente irait à la Fondation Bergé-Saint Laurent et à la recherche médicale, notamment sur le sida.

(ats)

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