Actualisé 16.01.2015 à 16:56

Massacre à «Charlie Hebdo»

Vente éclair en Suisse alémanique et au Tessin

Les kiosques alémaniques et tessinois ont vendu en un clin d'oeil leurs 800 exemplaires du journal satirique français «Charlie Hebdo» vendredi.

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23.02 Sur cette capture d'écran du site Internet de «Libération» on découvre la couverture du deuxième numéro de Charlie Hebdo après la fusillade à Paris.

23.02 Sur cette capture d'écran du site Internet de «Libération» on découvre la couverture du deuxième numéro de Charlie Hebdo après la fusillade à Paris.

Capture d'écran Libération
12.01 La Une du prochain numéro de «Charlie Hebdo» représente Mahomet, une larme à l'oeil, tenant une pancarte «Je suis Charlie», sous le titre «Tout est pardonné», un dessin signé Luz obtenu par l'AFP.

12.01 La Une du prochain numéro de «Charlie Hebdo» représente Mahomet, une larme à l'oeil, tenant une pancarte «Je suis Charlie», sous le titre «Tout est pardonné», un dessin signé Luz obtenu par l'AFP.

11.01.2015 La revue jésuite Etudes a mis en avant diverses Unes de «Charlie Hebdo», pour protester contre les actes terroristes qui ont secoué la France depuis le 7 janvier.

11.01.2015 La revue jésuite Etudes a mis en avant diverses Unes de «Charlie Hebdo», pour protester contre les actes terroristes qui ont secoué la France depuis le 7 janvier.

Seuls les clients qui s'étaient levés très tôt ont eu la chance d'emporter un exemplaire, rapporte un journaliste de l'ats.

A la gare CFF de Bâle, l'offre n'a de loin pas satisfait la demande. Le Press&Book, situé sur la passerelle et qui ouvre à 05h, a ainsi vendu ses 15 exemplaires en deux minutes.

Même scénario dans le kiosque du hall central de la gare, qui avait de son côté reçu 10 exemplaires. Les gens faisaient déjà la queue à 06h00, à l'ouverture et en quelques minutes tout s'est vendu, a témoigné une vendeuse.

200 commandes, 10 exemplaires

La demande était particulièrement élevée du côté français de la gare. Les employés avaient commandé 200 exemplaires de ce premier numéro réalisé par les «survivants» de la tuerie perpétrée la semaine dernière et qui a décimé la rédaction de l'hebdomadaire.

Mais vendredi seuls dix journaux ont été livrés. Comme dans les autres points de vente, ils étaient déjà écoulés à 06h00. «Nous pourrions sans problème vendre 1000 exemplaires», explique une vendeuse.

Un autre kiosque à Bâle n'avait reçu aucun «Charlie Hebdo» tandis que plusieurs d'entre eux ont critiqué Valora, le spécialiste bâlois du commerce de détail, pour ne pas s'être procuré davantage d'exemplaires.

Interrogée par l'ats, la porte-parole de Valora, Stefania Misteli a indiqué qu'une réimpression était prévue et que d'autres exemplaires seraient commandés. La quantité et la date de la livraison n'étaient toutefois pas clair. Et selon Mme Misteli, il n'est pas possible d'utiliser la méthode de l'impression à la demande (Print on Demand) pour «Charlie Hebdo», comme c'est le cas pour d'autres journaux.

Réservation obligatoire

A Zurich aussi la demande était grande. Les employés des kiosques ne devaient guère répondre qu'à une question: «avez-vous encore des 'Charlie Hebdo'?». La réponse était simple: non.

Dans l'un des points de vente de la gare, les 20 exemplaires reçus se sont vendus en l'espace de trois minutes tandis qu'une longue file d'attente s'était formée devant un autre revendeur avant même 06h00.

Un des kiosques de la gare de Winterthour (ZH) a distribué ses dix «Charlie Hebdo» uniquement à ceux qui avaient déjà réservé. Mais il est loin d'avoir satisfait tout le monde: à 07h00, la liste de réservation contenait 50 noms.

A Berne, plus aucun exemplaire n'était disponible peu avant 08h00 auprès des commerçants de la gare qui n'avaient reçu au total qu'une douzaine de journaux. Trois points de vente sur quatre arboraient une pancarte: «'Charlie Hebdo' ausverkauft» (épuisé).

Attendue mais jamais arrivée

Le kiosque de la gare d'Aarau n'aura même pas vu la couleur verte de la Une du satirique vendredi matin. La commande attendue n'est jamais arrivée, raconte une vendeuse. Et si des exemplaires finissaient par trouver le chemin qui mène à Aarau, ceux-ci serviraient à honorer les réservations, explique-t-elle.

Même problème du côté de Lucerne. Un scénario évidemment étonnant pour le personnel du plus grand kiosque de la gare puisque la demande était bel et bien réelle. «Nous avions plus de 100 réservations», relève un employé.

Les St-Gallois n'ont guère eu plus de chance. Nombreux sont ceux à s'être hâtés vendredi matin en direction des points de vente. En vain. Trois kiosques aux abords de la gare n'avaient, eux non plus, pas été livrés.

Pas mieux au Tessin

Au Tessin aussi, le journal satirique faisait défaut. A Bellinzone, tandis qu'un petit kiosque indépendant avait reçu 10 pièces des 70 demandées, les K-Kiosque appartenant à Valora n'avaient pas reçu le moindre hebdomadaire. (ats)

Erdogan dénonce les «provocations» de Charlie Hebdo

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a sévèrement critiqué vendredi la caricature «provocante» du prophète Mahomet publiée par le journal satirique français Charlie Hebdo, accusant celui-ci d'inciter à la haine.

«C'est un magazine fameux pour ses publications provocantes sur les musulmans, les chrétiens, sur tout le monde (...) cela ne s'appelle pas la liberté, cela s'appelle semer la terreur en empiétant sur la liberté des autres», a déclaré M. Erdogan à Ankara.

«Il ne peut pas y avoir de liberté sans limite», a-t-il insisté lors d'un discours.

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