Gorges de Covatannaz (VD): Verdict attendu mercredi sur le sort de la centrale

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Gorges de Covatannaz (VD)Verdict attendu mercredi sur le sort de la centrale

Le sort d'une microcentrale hydroélectrique projetée dans les gorges de Covatannaz (VD) sera décidé mercredi au TF.

Les Gorges de Covatannaz (VD).

Les Gorges de Covatannaz (VD).

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Aux yeux des promoteurs, l'enjeu est capital à l'heure de la transition énergétique. Les associations de protection de la nature contestent l'utilité du projet.

Soutenue par Romande Energie, la société Estia implantée dans le Parc de l'innovation de l'EPFL se bat depuis 2002 pour la réalisation de ce projet. La centrale devrait fournir une production électrique de 1,78 GWh par an, l'équivalent, selon les promoteurs, de la consommation de près de 500 ménages.

En 2013, Estia avait obtenu la levée des oppositions et l'octroi d'une concession par le Département de la sécurité et de l'environnement du canton de Vaud. Selon Manuel Bauer, directeur associé de la société, le projet a l'avantage d'être parfaitement intégré dans le site.

Chutes et cascades

Son impact sur les gorges des Covatannaz, prisées des randonneurs, où l'Arnon coule en cascades et chutes, entre Sainte-Croix et Vuiteboeuf, sera réduit. La conduite forcée, d'une longueur de 1304 mètres, sera enterrée et la centrale de turbinage, qui aurait dû initialement être implantée en zone forêt, sera aménagée dans un bâtiment situé dans le village de Vuiteboeuf.

Hostiles au projet, Pro Natura, le WWF et la société vaudoise des pêcheurs en rivière ont contesté la concession et obtenu gain de cause, en mars dernier, devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vaudois.

Les juges vaudois ont considéré que «le jeu n'en vaut pas la chandelle» au regard du faible rendement énergétique du projet. La production annoncée ne justifie pas l'atteinte au cours d'eau et au site, classé sur le plan cantonal.

Chiffres-clés contestés

S'il est favorable au développement des énergies renouvelables, Michel Bongard, secrétaire de Pro Natura Vaud, soutient que cette évolution ne doit pas se faire au détriment des petites rivières. Or, le captage nécessaire à la production de courant priverait l'Arnon d'une grande partie de son eau en aval de Sainte-Croix.

Tout comme le Tribunal cantonal, le secrétaire de Pro Natura part de bases de calcul différentes de celles utilisées par les promoteurs. Il affirme que le projet répond aux besoins de 200 ménages seulement et non pas de 500 à 600 ménages, comme l'affirme Estia. Car la consommation finale d'énergie ne doit pas seulement inclure celle des ménages, mais aussi de celle de l'agriculture, des services, de l'industrie et des transports.

Menaces sur les petits projets

Le reproche d'un intérêt énergétique insuffisant fait bondir Manuel Bauer. La transition énergétique vise à concevoir beaucoup de petits installations, souligne l'ingénieur physicien et directeur d'Estia.

Si l'on suivait les réflexions des adversaires du projet, on ne menacerait pas seulement l'avenir des installations hydrauliques de petites dimensions mais également celui de nombreux micro-projets dans d'autres secteurs, tels que l'énergie solaire, pour ne prendre que cet exemple.

Autorités divisées

Le jugement du Tribunal fédéral, qui sera rendu mercredi au terme d'une audience publique, est attendu par de nombreux spécialistes ainsi que par les autorités fédérales et cantonales.

A Berne, l'Office fédéral de l'énergie est favorable au projet de centrale dans les gorges de Covatannaz alors que l'Office fédéral de l'environnement y est opposé. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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