Lausanne - Verdict du «viol relativement court»: l’indignation continue
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LausanneVerdict du «viol relativement court»: l’indignation continue

Une centaine de personnes ont protesté samedi, au pied du Palais de justice de Montbenon, contre la décision de la Cour d’appel de Bâle de réduire la peine d’un homme reconnu coupable de viol.

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À l’appel du groupe de travail «Pas sans mon consentement», une petite centaine de personnes – majoritairement des femmes – se sont réunies samedi devant le Palais de justice de Montbenon à Lausanne, pour protester contre la décision de la Cour d’appel de Bâle, fin juillet, de réduire la peine d’un homme reconnu coupable de viol, sous prétexte que la victime avait «joué avec le feu» et que le viol de la femme avait été «relativement court». «C’est la preuve d’une justice immorale, patriarcale et discriminante!», a scandé une oratrice du rassemblement lausannois.

«Tu n’es pas seule»

Venus également afficher leur solidarité envers la victime de violences sexuelles, et pour montrer ce que représentent onze minutes, durée du viol en question selon l’enquête, les manifestants ont observé, assis, sous un soleil battant, onze minutes de silence. «Tu n’es pas seule», tels sont les mots, adressés à la victime, qui ont résonnés sur l’esplanade lausannoise, suivis par des applaudissements. Le rassemblement, qui a duré un peu moins d’une heure, s’est terminé par un chant militant adressé aux auteurs de violences sexuelles: «Le coupable, c’est toi!»

La décision en appel, survenue le mois dernier, a déjà provoqué de vives réactions dans le pays. Quelques jours après l’annonce du verdict, des centaines de femmes et d’hommes avaient participé à une manifestation devant la Cour d’appel de Bâle. Mi-août, une trentaine de manifestants, appelés par le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe, s’étaient aussi réunis à Neuchâtel.

Le consentement en question

Les milieux féministes ne lâcheront pas: ils veulent inscrire le consentement dans la définition du viol. Une autre manifestation, organisée par Amnesty International, est attendue le 31 août devant le Palais fédéral à Berne, pour faire pression sur les membres de la Commission des affaires juridiques, qui traitent actuellement de la révision du droit pénal en matière sexuelle. Le Conseil des États devrait débattre du sujet durant la session d’automne, qui débutera le 13 septembre. En l’état actuel, la notion de consentement n’apparaît pas dans le projet de loi.

Sort du coupable

L’homme de 33 ans avait violé une de ses connaissances dans le hall de son immeuble, après une soirée en boîte, en février 2020. Condamné en première instance à 51 mois de prison, il a finalement écopé de 36 mois, dont 18 ferme. De nationalité portugaise, il doit être expulsé du pays dès sa libération, mais il y a quelques jours, le Ministère public bâlois a demandé à la Cour de prolonger sa détention. Ce n’est qu’après l’examen d’un document écrit sur les motifs que le verdict pourrait faire l’objet d’un recours auprès du Tribunal fédéral. Le porte-parole du Ministère public a indiqué, il y a une dizaine de jours, qu’un appel était envisagé.

(lvb)

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