31.08.2020 à 17:48

GenèveVernets fermés: la Ville adapte son accueil pour les sans-abri

Deux abris PC ont été ouverts pour les sans domicile fixe, après la fermeture de la caserne genevoise, vouée à la destruction. A terme, la Ville souhaite la création d’un lieu d’urgence en surface pérenne.

de
Léonard Boissonnas
La caserne pouvait accueillir jusqu’à 260 personnes environ. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

La caserne pouvait accueillir jusqu’à 260 personnes environ. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

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La caserne des Vernets ferme, mais l’accueil d’urgence continue en Ville de Genève. Les lieux, réquisitionnés depuis avril pour loger les sans-abri lors du semi-confinement, doivent en effet être démolis pour laisser place à un nouveau quartier de logements. «Nous avions obtenu un délai auprès du Canton de juillet jusqu’à fin août, mais il n’y avait pas de marge de négociation pour un délai plus long», a expliqué lundi la conseillère administrative Christina Kitsos, en charge de la cohésion sociale et de la solidarité en Ville.

Cent places en abri

Pour assurer la continuité de l’hébergement d’urgence, la Municipalité a annoncé l’ouverture de deux abris de la Protection civile (PC): celui de Châtelaine sur la rive droite et celui de Richemont sur la rive gauche. Chacun de ces lieux peut accueillir cinquante personnes (au lieu de cent, pour respecter les distances de sécurité liées au Covid). Ils sont destinés aux hommes. Le centre d’hébergement de Frank-Thomas, ouvert depuis le 20 mars, est maintenu, avec 130 places destinées aux femmes et aux hommes présentant des difficultés de santé physique ou psychique.

Pas suffisant

Au total, avec les autres places mises à disposition par des associations, ce sont 330 lits qui sont actuellement disponibles. «C’est moins que durant la période de confinement, mais plus qu’à la même période l’an passé, où l’on avait 293 places», a souligné Christina Kitsos. Toutefois, a-t-elle prévenu, «on ne peut pas se suffire de ce nombre de places.» La magistrate rappelle notamment que le foyer Frank-Thomas doit lui aussi fermer d’ici 2022. Appelant à une solution d’accueil d’urgence pérenne et en surface, ainsi qu’à la mise en place d’un lieu dédié à la réinsertion sociale, la conseillère administrative souhaite le concours d’autres entités: «La Ville va continuer son travail, mais on arrive quand même à un moment phare, où il faut l’engagement des communes et du Canton, et je vais même plus loin, de la Confédération.»

Logements pour femmes

Dans l’immédiat, la Ville va soutenir deux projets associatifs. L’Association 6Logis, qui propose des logements aux femmes en situation de précarité, va mettre à disposition deux appartements et des studios (issus du parc de la Gérance immobilière municipale) pour l’accueil de dix à seize femmes avec ou sans enfants pendant six mois. Pour prévenir la perte de logement en amont, la toute nouvelle Association pour la Sauvegarde du logement des précaires propose des conseils et un accompagnement dans les démarches administratives et de médiation auprès des logeurs, avec le concours de l’Asloca Genève. Un standard téléphonique va être mis en place au 077 511 72 92.

Enfin, la Municipalité va lancer une étude sur la problématique des sans-abri, des statistiques fiables au niveau national ou cantonal n’existant pas. Le but sera notamment d’identifier des pistes en matière de gouvernance et de répartition des tâches entre les différents acteurs publics et associatifs.

Près de cent personnes à la rue

Entre le 1er avril et le 30 août, la caserne des Vernets et le centre de Frank-Thomas ont hébergé 1224 personnes différentes, pour un total de 44'014 nuitées. Le départ de la caserne a débuté vendredi et les derniers bénéficiaires sont partis lundi matin, a indiqué Philipp Schroft, chef du Service social de la Ville. Certains ont été redirigés vers les abris de Châtelaine et de Richemont selon plusieurs critères, comme l’âge, la santé, le nombre de nuits déjà passées en hébergement d’urgence, ainsi que le comportement. Avant le week-end, le nombre de personnes non relogées s’élevait à 107. Mais, explique Philipp Schroft, une partie d’entre elles pourra finalement être accueillie: sur les cinquante personnes envoyées à Richemont, onze ne sont en effet pas venues. Leur place va donc être redistribuée.

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