Actualisé 12.06.2009 à 18:06

Procès des «bébés congelés»

Véronique C. tente de s'expliquer

Au cours de la première semaine de son procès devant la cour d'assises d'Indre-et-Loire, à Tours, en France, Véronique C. a tenté de s'expliquer, se heurtant souvent aux questions du président.

Vendredi, l'accusée a même craqué à la barre, disant essayer de «trouver des réponses», sans y parvenir.

Véronique C. est jugée depuis mardi devant la cour d'assises d'Indre-et-Loire, à Tours, pour assassinats, trois ans après la découverte des corps de deux nouveau-nés dans le congélateur de sa villa à Séoul. Pour ces deux infanticides qu'elle a avoués, ainsi qu'un troisième en France, cette mère de famille de 41 ans risque la prison à perpétuité.

«C'est comme pendant la garde à vue ou devant la juge d'instruction, je suis acculée», a-t-elle déclaré vendredi. «J'essaie de trouver des réponses. Pour la plupart des questions, je n'en ai toujours pas. J'essaie de comprendre. C'est une réflexion. Une réflexion, ça évolue, ça bouge, ça change! Je ne sais plus comment vous parler».

Durant ces quatre premiers jours d'audience, Me Henri Leclerc, l'un des avocats de Véronique C. a, à plusieurs reprises, reproché au président Georges Domergue sa façon de mener ses interrogatoires. «Vous ne la laissez pas parler! Laissez-lui du temps, on a besoin de l'entendre. Tout le monde appréciera votre façon de mener les débats!», a-t-il conclu.

L'accusée, apparue très amaigrie, a essuyé ses premières larmes dès l'ouverture de son procès en regardant défiler à la barre les membres de sa famille et ses amis, appelés à témoigner tout au long de la semaine.

Durant ces quatre jours d'audience, elle a souvent repété: «une partie de moi savait que j'étais enceinte, pas l'autre» ou encore «j'ai su que j'étais enceinte, puis je ne l'ai plus su». «Enceinte, je parlais à mes deux premiers enfants, ce qui n'était pas le cas pour les trois suivants», a-t-elle précisé. «Je ne les sentais même pas bouger dans mon ventre».

L'accusée a aussi reconnu des «faits inexplicables et monstrueux», expliquant avec beaucoup de réalisme ses accouchements dans la salle de bain. «J'étais dans la baignoire accroupie. J'ai eu une sensation physique du bébé qui glisse dans l'eau à travers mon corps. J'ai parlé d'étranglement au lieu d'étouffement. Ce n'est pas un souvenir très net», a-t-elle expliqué, hagarde, au bord du malaise.

Cette mère de 41 ans est revenue sur ses propos tenus en octobre 2006 devant les enquêteurs déclarant: «je n'avais pas prévu de donner la mort aux enfants».

Selon l'un des policiers enquêteurs: «l'infanticide était pour Véronique C. un moyen de contraception». L'accusée a nié en bloc. «Pourquoi ne pas avoir avorté?», lui a lancé le Président. «Pour avorter, il faut être enceinte», a-t-elle répondu.

Lors du troisième jour consacré à sa vie familiale et sociale, la famille de Véronique C. a mis en avant une «bonne mère de famille», une «bonne épouse» et décrit une femme «timide, réservée, souvent en retrait». Tous évoquent, comme sa soeur Martine, «une maman attachée à ses deux garçons, autant qu'ils sont eux attachés à elle». Des sentiments partagés par des proches rencontré à Séoul pour qui «Véro est une amie exemplaire».

L'image de son mari a en revanche été écornée. Après avoir auditionné une vingtaine de proches, l'enquêteur de personnalités, Philippe Kremeur, a notamment parlé d'un homme pouvant se montrer «égoïste», s'apercevoir d'un détail technique sur sa moto mais ne pas remarquer que sa femme a pris cinq kilos». «J'aime ma femme. Je suis venu la soutenir», a répété Jean-Louis Courjault pendant les quatre premiers jour du procès, qui reprend lundi avec l'audition des experts psychologues et psychiatres. (ap)

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