France: Vers l'interdiction des mannequins dénutris
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FranceVers l'interdiction des mannequins dénutris

Le gouvernement français veut interdire le recours aux mannequins dénutris et l'apologie de l'anoxerie en dépit de réserves des agences de mannequins.

La difficulté sera de savoir comment appliquer le texte, expliquent les représentants des agences, car beaucoup de jeunes filles sont naturellement très fines.

La difficulté sera de savoir comment appliquer le texte, expliquent les représentants des agences, car beaucoup de jeunes filles sont naturellement très fines.

Les mesures visant à bannir les filles trop maigres du business du mannequinat font l'objet d'amendements à un projet de loi sur la santé en débat à compter de mardi au Parlement français. Lundi, la ministre française de la Santé Marisol Touraine a annoncé qu'elle soutiendrait ces amendements. «Oui je vais soutenir» cette initiative, a-t-elle dit à la chaîne BFMTV. «Je trouve que quand on est mannequin, on doit s'alimenter et prendre soin de sa santé. C'est un message important en direction des jeunes femmes, des jeunes filles qui voient en ces mannequins des modèles esthétiques», a-t-elle précisé.

Le premier des deux amendements en question, déposés par le député socialiste Olivier Véran, vise à interdire aux agences de mannequinat le recours à des mannequins lorsqu'ils sont diagnostiqués en état de dénutrition. Le parlementaire propose de modifier le code du travail afin de contraindre les agences à produire pour chaque mannequin un certificat médical prouvant que son indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à une valeur donnée. Tout contrevenant s'exposerait à une peine de six mois d'emprisonnement et à 75'000 euros (près de 80'000 fr.) d'amende.

Les professionnels craignent d'y laisser des plumes

Le Syndicat National des Agences de Mannequins (Synam) représentant «une quarantaine d'agences», a regretté que «cet amendement qui semble tout ignorer des travaux parlementaires précédents, propose une approche (...) uniquement franco-française». «Les agences de mannequins françaises sont en permanence en concurrence avec leurs homologues européens. En conséquence, une approche européenne est indispensable», a-t-il souligné dans un communiqué. Certains pays comme l'Espagne, l'Italie, la Belgique, le Chili ou Israël ont déjà pris des dispositions législatives ou réglementaires sur ce sujet.

Le deuxième amendement créerait notamment un «délit de valorisation de maigreur excessive» et viserait à interdire les sites internet qui font «l'apologie de l'anorexie». Olivier Véran estime qu'en France, «entre 30 et 40'000 personnes» souffrent d'anorexie mentale. «Ce sont des adolescents dans 90% des cas. L'impact social de cette image que véhicule la mode, où des femmes doivent être maigres à un niveau pathologique pour être belles et défiler, est très fort», selon ce député.

«C'est évident que c'est un fléau, tous les amendements qui aideraient à faire en sorte qu'on ne fasse pas la promotion de l'anorexie, c'est toujours bien», a réagi Gérald Marie, ancien directeur Europe de l'agence Elite aujourd'hui à la tête de l'agence parisienne Oui Management, interrogé par l'AFP. «Mais il faut éviter de mélanger les choses. Il y a l'anorexie et il y a des filles qui sont fines, très fines, par tempérament et vous pouvez les faire manger toute la journée elles resteront fines». «Il faut arriver à bien déterminer l'anorexie, et voir que c'est un problème psychologique, psychiatrique», a-t-il relevé. (afp)

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