Santé: Vers la fin des séjours à l'hosto après l'opération

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SantéVers la fin des séjours à l'hosto après l'opération

Comme la Confédération et plusieurs cantons, les deux Bâle établissent une liste des interventions à réaliser en ambulatoire pour pouvoir être remboursé.

par
Pauline Rumpf
Une intervention sans hospitalisation coûte 2,3 fois moins cher qu'une opération en stationnaire.

Une intervention sans hospitalisation coûte 2,3 fois moins cher qu'une opération en stationnaire.

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Les ministres de la santé de Bâle-Ville et Bâle-Campagne sont en train d'établir une liste des opérations qui doivent être réalisées sans hospitalisation pour pouvoir être remboursées par les assurances maladie. C'est la «Basler Zeitung» qui le révélait dans son édition de mardi 31 mai.

Plusieurs cantons planchent sur un modèle similaire. Le Valais a d'ailleurs participé à la réflexion aux côtés de Lucerne, Zurich et Bâle, avant que l'Office fédéral de la santé publique n'annonce qu'il travaille lui aussi sur une liste. Pour l'instant, le feu vert politique valaisan n'est toutefois pas encore acquis.

Deux fois moins cher

Les opérations du type cataracte, dents de sagesse ou encore hernies seraient concernées. L'objectif est de limiter les coûts de la santé, en évitant les hospitalisations inutiles. «Une intervention en ambulatoire coûte 2,3 fois moins cher qu'en stationnaire, sans perte de qualité de traitement pour le patient», explique Victor Fournier, chef du service de la santé publique valaisan.

«Elle permet aussi de décharger les structures hospitalières sous pression», poursuit-il. De plus, le patient encourt moins de risque d'infections nosocomiales, ajoute Mauro Poggia, Conseiller d'Etat en charge de la santé à Genève.

Exceptions

En cas de complications, il faudrait alors faire une demande d'exception. «C'est déjà le cas pour un millier d'intervention extra-cantonales par an», rassure Victor Fournier.

Autre son de cloche à Genève, où le «virage ambulatoire» est déjà bien engagé. «Je crains la bureaucratie nécessaire pour contrôler l'application de cette liste», explique Mauro Poggia. Le ministre souhaiterait plutôt cibler les efforts sur les domaines problématiques, ainsi que sur les consultations, en forte hausse.

Les assureurs craignent une hausse

Pour les assureurs, la piste est à explorer, même si des calculs sont en train d'être menés. Actuellement, les interventions en stationnaire sont remboursées à 55% par les cantons et à 45% par les assurances, alors que l'ambulatoire est pris en charge à 100% par les caisses maladie. Ce système pourrait donc augmenter leur coûts.

«Il est possible que ce système coûte plus cher aux assurés, mais la bonne prise en charge des patients reste notre priorité, explique Sandra Kobelt, porte-parole de santésuisse. Nous ne sommes pas contre l'idée, mais elle doit être coordonnée entre les cantons pour éviter un surplus de coûts et de bureaucratie»

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