Etude – Vers la traduction orale de nos pensées
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ÉtudeVers la traduction orale de nos pensées

Une recherche genevoise a mis en évidence des signaux neuronaux produits par notre cerveau lorsqu’on imagine des mots ou qu’on se les dit à nous-même. Elle offre une perspective d’avenir pour les personnes qui ont perdu la capacité de s’exprimer à l’oral.

Lorsqu’on imagine des mots ou qu’on se les dit à nous-même, le cerveau produit un certain type de signaux neuronaux. Des scientifiques les ont analysés.

Lorsqu’on imagine des mots ou qu’on se les dit à nous-même, le cerveau produit un certain type de signaux neuronaux. Des scientifiques les ont analysés.

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Des scientifiques ont fait une avancée majeure dans le décodage de nos monologues internes. Menée conjointement par l’Université de Genève (UNIGE) et les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), l’étude – dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue «Nature Communications» – met en évidence certains signaux neuronaux produits par notre cerveau lorsqu’on imagine des mots ou qu’on se les dit à nous-même.

Lorsqu’une personne s’exprime à haute voix, il est possible de mettre en relation les sons émis avec les régions cérébrales sollicitées. S’agissant d’une parole imaginée, le processus devient plus complexe parce qu’on ne dispose «d’aucune information manifeste sur le séquençage et le tempo des mots ou des phrases formulés à l’interne par l’individu», explique le communiqué de l’université. De plus, «les zones recrutées dans le cerveau sont également moins nombreuses et moins actives».

Timothée Proix, collaborateur scientifique au Département des neurosciences fondamentales de la Faculté de médecine de l’UNIGE complète: «Ces signaux neuronaux sont faibles et variables par rapport à la parole explicite. Ils sont donc difficiles à décoder par des algorithmes d’apprentissage.»

Décoder le langage imaginé

Pour décrypter cette parole interne, il faut savoir quelle zone observer en priorité. Les scientifiques l’ont mise en évidence: celle située dans la partie latérale gauche du cerveau, appelée le cortex temporal. Elle intervient dans le traitement des informations relatives à l’audition et la mémoire. Surtout, elle «abrite une partie de l’aire de Wernicke, responsable de la perception des mots et des symboles du langage».

Il faut également savoir se «brancher sur la bonne fréquence», imagent les scientifiques. Les patients qui ont participé à la recherche devaient prononcer puis imaginer des mots. Grâce à des électrodes implantées dans leur cerveau, les neuroscientifiques ont observé «plusieurs types de fréquences produites par différentes zones cérébrales lorsque les individus s’exprimaient à l’oral ou à l’interne». Il en ressort de l’étude que «certaines contiennent des informations essentielles pour le décodage de la parole imaginée».

À l’avenir, les personnes touchées par la maladie de Charcot – paralysant les muscles de la parole – ou victimes d’un AVC – ayant atteint les aires du cerveau responsables du langage – pourraient retrouver la capacité de s’exprimer.

(kaa/comm)

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