Violences dans les stades : Vers un durcissement des mesures
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Violences dans les stades Vers un durcissement des mesures

Les matchs de hockey et de football des divisions supérieures pourraient être soumis à l'avenir à un régime d'autorisation.

Le projet de durcissement du concordat intercantonal contre la violence a reçu globalement un bon accueil en consultation, selon le rapport présenté jeudi par la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP). Les autorités locales pourraient obliger les clubs à prendre des mesures en termes de personnel, de vente de boissons alcoolisées ou de transport des fans. Les associations suisses de football et hockey craignent des charges financières insupportables pour les clubs.

Les autorités cantonales et communales en ont assez des débordements et actes de hooliganisme commis dans le cadre des grandes manifestations sportives. Elles veulent durcir les mesures contre les personnes violentes et obliger les clubs de hockey et de foot à assumer leurs responsabilités.

Imposer des obligations

L'objectif du régime d'autorisation est de pouvoir influencer des domaines jusqu'ici sous la responsabilité des privés en imposant des obligations. Seraient ainsi notamment réglementées les arrivées de supporters, l'introduction des contrôles d'identité et les mesures de sécurité nécessaires dans les stades.

La révision du concordat de 2007 durcit aussi les interdictions de périmètre et les obligations de se présenter à la police. La durée maximale d'interdiction de périmètre serait augmentée de un à deux ans. Il serait par ailleurs possible de contrôler l'identité de spectateurs lorsqu'ils montent dans les trains et bus ainsi qu'à l'entrée des stades.

Voyages organisés

Certains cantons comme St-Gall souhaitent aller plus loin. Ce dernier réclame par exemple que les déplacements de supporters se fassent exclusivement avec un système de billets combinés pour les matchs à l'extérieur. Les fans ne pourraient s'y rendre que dans le cadre de voyages organisés.

Les CFF, de leur côté, ne veulent plus supporter les frais des débordements. Ils souhaitent que soit réservée la possibilité d'imputer aux organisateurs les coûts découlant de ces transports. Les clubs pourraient aussi être tenus de fournir certaines ressources en personnel et d'élaborer un concept de sécurité.

Sceptiques

L'Association suisse de football (ASF) et la Fédération suisse de hockey sur glace (SHIF/NL) sont sceptiques. A leurs yeux, le régime de l'autorisation pour chaque match est une dépense bureaucratique inutile. Le régime d'autorisation ne devrait être appliqué qu'aux matchs à risques. Pour l'ASF et la SHIF/NL, les autorités pourraient être tentées, en raison de leur volonté de réaliser des économies et de leurs moyens policiers limités, de faire supporter aux clubs des «obligations disproportionnées, comme des indemnisations financières ou des constructions onéreuses».

Le résultat de la consultation intervient après un automne 2011 agité. Le 2 octobre dernier, un mois après la table ronde nationale sur le hooliganisme en présence du conseiller fédéral Ueli Maurer, qui avait réuni politiciens, représentants du sport et de la police à Berne, le match de football Zurich-GC avait tourné au vinaigre. La partie avait été arrêtée par l'arbitre à la 77e minute en raison de heurts et d'un pétard lancé dans le public par un jeune fan. Six personnes avaient été légèrement blessées. (ap)

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