Actualisé 19.10.2017 à 19:16

Législatives au JaponVers une large victoire de Shinzo Abe

Les sondages donnent gagnant le premier ministre japonais lors des élections législatives anticipées de dimanche.

Le Parti libéral-démocrate (PLD, droite) du premier ministre Shinzo Abe semble avoir le vent en poupe.

Le Parti libéral-démocrate (PLD, droite) du premier ministre Shinzo Abe semble avoir le vent en poupe.

AFP

Le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe semble en passe de gagner haut la main dimanche son pari: il devrait s'assurer un nouveau mandat à la tête de la troisième économie du monde lors de législatives anticipées qu'il a lui-même provoquées.

Les derniers sondages donnent une large victoire au Parti libéral démocrate (PLD) de M. Abe, à l'issue d'une brève campagne dominée par les questions économiques et par la menace de la Corée du Nord, qui parle de faire «couler» l'archipel dans l'océan. La victoire lui permettrait de rester Premier ministre jusque 2021, s'il emporte la présidence du PLD l'été prochain.

Une opposition morcelée

Pris dans des scandales de favoritisme et affaibli par une défaite historique de son parti à l'assemblée de la ville de Tokyo en juillet face à une formation de la charismatique gouverneure Yuriko Koike, le premier ministre nationaliste a décidé fin septembre de dissoudre la chambre basse plus d'un an avant le scrutin prévu.

Il a ainsi pris de court une opposition morcelée et faible pour tenter de faire peau neuve, et offrir un frais soutien à sa fermeté affichée vis-à-vis de la Corée du Nord et à sa politique de relance économique («Abenomics»).

Recomposition

Mais le coup de théâtre est venu de Mme Koike qui, quelques heures avant l'annonce officielle des législatives anticipées, a déclaré qu'elle prenait la tête d'un nouveau mouvement politique, le Parti de l'espoir.

Cette femme de droite de 65 ans, ex-vedette de la télévision au sens aigu de la communication, est une ancienne ministre de M. Abe et elle aussi nationaliste. Avec cette annonce, elle a, l'espace de quelques semaines, réveillé une scène politique japonaise léthargique et précipité une recomposition du paysage politique.

Le principal parti d'opposition, le Parti démocrate, s'est défait. Un grand nombre de ses membres s'est dirigé vers le Parti de l'espoir tandis qu'un ex-ténor, Yukio Edano, défenseur de son aile gauche, créait le Parti démocrate constitutionnel du Japon.

«Un navire sans tête»

Mais après des sondages favorables, Mme Koike a perdu de son élan. Les électeurs se sont sentis déroutés par sa décision de ne pas se présenter, ce qui lui enlève toute chance de devenir cheffe du gouvernement. La Constitution japonaise impose que le Premier ministre soit choisi parmi les députés ou sénateurs. «Tout parti, pour être crédible, doit avoir un candidat au poste de Premier ministre (...) Or elle a reculé et on a un navire soudain sans capitaine», a commenté Michael Cucek, professeur à l'Université Temple de Tokyo. Il lui est reproché aussi de ne pas présenter de programme très concret différent de celui du PLD.

Réformes nécessaires

Face au vieillissement de la population, à la déflation qui mine l'économie depuis deux décennies et à une croissance poussive, M. Abe vante ses abenomics faits de largesses budgétaires et d'une politique monétaire consistant à alimenter le marché en liquidités. Le pays connaît actuellement sa plus longue période de croissance consécutive en dix ans.

Cependant, le taux de chômage très bas masque une précarisation grandissante. Mme Koike lui a opposé ce qu'elle a appelé les «yurinomics», lui reprochant de ne pas mener de front des réformes structurelles et promettant de geler un projet de hausse de deux points de la TVA, à 10%. Elle se distingue aussi par sa volonté de mettre fin au nucléaire après le traumatisme de l'accident de Fukushima en 2011.

Réviser la Constitution pacifiste ?

Elle est comme M. Abe favorable à un amendement de la Constitution pacifiste, dictée en 1947 par les Etats-Unis après la reddition du Japon à la fin de la Seconde guerre mondiale et dont l'article 9 consacre la renonciation «à jamais» à la guerre. Selon les derniers sondages, le PLD n'obtiendrait pas moins de 300 sièges (sur 465) et la coalition avec son allié Komeito garderait une majorité des deux tiers, nécessaire pour convoquer un référendum proposant des changements dans la loi fondamentale. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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