Protection animale: Viande de cheval d’outre mer bientôt bannie de nos rayons?
Publié

Protection animaleViande de cheval d’outre mer bientôt bannie de nos rayons?

Berne envisage de stopper l’importation de viande chevaline provenant d’Argentine, d’Urugay, d’Australie et du Canada. L’élément déclencheur: de nouveaux documents attestant des maltraitances animales.

par
ofu

Les experts de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) ont été confrontés récemment à des images choquantes. Le 8 février dernier, ils ont visionné des vidéos montrant un cheval s’étant auto-étranglé avec le fil de fer de son enclos. Sur d’autres enregistrements, on voit des chevaux être déchargés de camions avec l’aide d’une chaîne, sans rampe. Selon un compte rendu interne, que le «Tages Anzeiger» a pu se procurer, les experts qualifient les enregistrements de «consternants».

Les images en question proviennent d’un abattoir argentin. Elles ont été tournées par l’association de défense des animaux Tierschutzbund Zürich (TSB). Celle-ci confirme y avoir documenté plusieurs graves violations de la protection animale. Le TSB dénonce deux abattoirs argentins en particulier, soulignant néanmoins que les conditions qui y règnent reflètent ce qui se passe dans les autres abattoirs du pays, tout comme ceux en Urugay, Australie et au Canada. Sabrina Gurtner, du TSB, confirme: «Les chevaux y sont systématiquement délaissés, maltraités et torturés.» Plusieurs enquêtes de l’UE confirment les critiques émises par l’association zurichoise.

Aide de l’UE nécessaire

L’OSAV se demande actuellement dans quelle mesure la Suisse pourrait interdire l’importation de la viande chevaline d’outre mer. Jusqu’à présent, l’office fédéral misait sur la responsabilité individuelle des importateurs. Mais cet auto-contrôle ne fonctionne visiblement pas, résume l’OSAV dans le document interne rendu public par le «Tagi» ce samedi.

Or, pour agir, note le journal alémanique, les autorités helvétiques nécessitent l’aide de l’Union européenne. La thématique a ainsi été agendée pour fin mars, lors de la prochaine réunion avec la commission européenne, confirme l’OSAV au journal. Sa porte-parole, Doris Schneeberger, ajoute: «C’est une décision à prendre en accord avec l’UE.»

Au niveau national, une motion sera déposée la semaine prochaine par la conseillère nationale Meret Schneider (ZH/Verts). Elle demande au Conseil fédéral d’évaluer la meilleure manière pour régler cette problématique liée à l’importation de viande de cheval.

1150 tonnes de viande importées l’an dernier

Près de 1150 tonnes de viande de cheval d’outre mer ont été importées l’an dernier en Suisse, soit plus de la moitié des importations totales. L’Argentine est le plus gros importateur avec 530 tonnes. Même si les quantités importées ont baissé au cours des dix dernières années après la révélation de plusieurs scandales de maltraitance animale, pas moins de 31’000 chevaux ont été abattus en 2020 dans les pays d’outre mer pour la commercialisation en Suisse.

Ton opinion