VALAIS - Victime d’un guet-apens, un ado subit deux cents coups de poing et de pied
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VALAISVictime d’un guet-apens, un ado subit deux cents coups de poing et de pied

Un adolescent a été tabassé par un groupe de six jeunes gens, à Vouvry. Les trois majeurs de 18 et 19 ans ont été condamnés par la justice valaisanne.

par
Fabrice Zwahlen
La bagarre a eu lieu le long de l’Avenue de Savoie, à proximité de l’arrêt de bus du centre du village.

La bagarre a eu lieu le long de l’Avenue de Savoie, à proximité de l’arrêt de bus du centre du village.

20 Minutes

Le célèbre western de 1957, «règlements de comptes à OK Corral» a connu un remake à la mode valaisanne. Cette fois-ci, pas de duel avec des armes à feu, mais bien une castagne en règle.

Cinq jours avant Noël 2020, une adolescente du district de Monthey, que l’on appellera Cindy*, dépose plainte contre David*, l’un de ses amis, pour une cause non connue. Le 10 janvier, le président du Tribunal des mineurs lui intime de garder le silence sur la procédure en cours et les personnes impliquées, faute de quoi elle se rendrait coupable d’insoumission à une décision de l’autorité et passible d’une amende.

En mode commando

L’adolescente ne tient pas compte de cette injonction et parle de sa plainte à deux de ses amis. Les deux garçons, mineurs, échafaudent alors un plan afin de la venger, estimant que la justice «ne va pas être appliquée avec toute la rigueur nécessaire.»

Pour donner de l’ampleur à leur projet, ils font appel à quatre autres de leurs amis, dont trois majeurs âgés entre 18 et 19 ans. Afin d’éviter d’être identifiable, la bande des six se confectionnent des cagoules au moyen de T-shirts. Une fois le groupe constitué et équipé, les jeunes mettent le cap sur Vouvry afin d’exécuter leur plan.

Toujours suivi psychologiquement

Ce 22 janvier, David reçoit un appel puis un message au ton offensant. Il ne réagit pas. Le même soir, Cindy croise deux autres amis de David. Elle leur dit qu’elle le cherche pour qu’il vienne s’excuser.

Celui-ci arrive vers 21 h 20. Des discussions débutent alors. À un moment donné, la jeune fille s’éloigne. C’est le signal. La bande des six arrive, encagoulée. David est alors violemment poussé contre un mur. Après s’être relevé, il chute en ouvrant un portail donnant accès à un petit jardin. Il est alors roué de coups – «deux cents environ» selon l’un des assaillants -, sous les yeux de deux de ses amis, empêchés d’intervenir par des membres de la bande.

David s’en sort avec des blessures à la tête et à l’abdomen. Il bénéficie encore aujourd’hui d’un suivi psychologique. «Le but était d’éviter de lui donner des coups à la tête afin de ne pas risquer de le tuer mais de lui faire mal afin qu’il regrette son geste (ndlr: envers Cindy).

Pour le Ministère public du Bas-Valais, «les faits sont graves et les jeunes ont fait surtout preuve d’un mépris absolu pour les institutions auxquelles ils ont voulu se substituer en faisant justice eux-mêmes. Ce genre de comportement est intolérable dans un état de droit et, dès lors, une sanction sévère s’impose.»

Le 23 avril, les trois agresseurs majeurs ont ainsi été condamnés par ordonnance pénale à 180 jours avec sursis durant trois ans, et solidairement à 2000 francs pour tort moral et 60 francs pour la veste déchirée. Les jeunes de moins de 18 ans au moment des faits seront jugés par le Tribunal des mineurs.

* Prénoms fictifs

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