Victoire d'Obama: Victoire d'Obama: le Harlem huppé exulte
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Victoire d'ObamaVictoire d'Obama: le Harlem huppé exulte

En larmes, prostrés ou hurlant de joie, les clients huppés du club «Body» à Harlem (nord de New York) se sont laissés aller à l'euphorie mardi soir à l'annonce de la victoire de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis.

Lenn Shebar arbore négligemment un badge Obama à sa veste, sur sa chemise entrouverte. Il est l'un des organisateurs de la soirée, et surtout, à ses yeux, l'un des représentants du «Nouvel Harlem».«Frais, nouveau, source d'inspiration et d'espoir»: cette description de Barack Obama, il veut l'appliquer aussi à ce quartier symbole de la communauté noire, en train de changer avec l'arrivée d'une nouvelle génération.Pour l'entrepreneur de 44 ans, qui possède une boutique de vêtements haute couture, Harlem est en train de changer, les galeries d'art et autres restaurants branchés s'installant au milieu des vieilles maisons de briques et des églises d'où s'échappe du gospel.Le «Body, restaurant lounge» a ainsi pris ses quartiers dans d'anciens bâtiments industriels au bord de l'Hudson, à l'écart des quartiers résidentiels.Loin du cliché, Lenn Shebar veut insuffler, tout comme le candidat auquel il s'identifie, un changement avec l'aide d'une nouvelle génération aisée qui délaisse Manhattan.C'est pourtant bien pour tout le symbole que porte Harlem que Patricia Marthone, une médecin de 36 ans, est venue de Brooklyn partager la victoire de Barack Obama.«Il représente toute l'Amérique. Les riches, les pauvres, les éduqués, ceux qui ne le sont pas. Il a une vraie compréhension de ce qu'est vraiment l'Amérique», assène Patricia.Tous ne revendiquent pas la couleur de peau d'Obama comme un argument premier. «C'est un type bien», affirme simplement Rodneyse Bichotte. «Le fait qu'il soit noir, c'est la cerise sur le gâteau».«J'ai une nièce de cinq ans. Elle va vivre une vie où ce n'est pas une exception» de voir un Noir à un si haut niveau, reconnaît-elle tout de même, émue.Et alors que la victoire est annoncée sur les écrans plasma du bar lounge, que la tension cède et que toute l'émotion contenue est libérée, une femme d'une trentaine d'années lâche: «L'Amérique lui a donné le meilleur job du pays!». Dans sa voix, une certaine note de revanche.«En une génération, nous sommes passés d'esclaves à un président noir», dit-elle en décrochant son téléphone pour «appeler sa grand-mère de 95 ans» qui n'en revient sûrement pas.«Ce pays est dans un état catastrophique. Le chemin va être long, et il va devoir le parcourir entièrement. Mais je suis fière de lui, et il va répondre à tout ce dont l'Amérique a besoin à présent», dit Jill Plair, 34 ans, chasseuse de tête.Un dernier moment de recueillement pour le discours du vainqueur Obama, et une voix langoureuse entame «Yes we can» (le slogan d'Obama) version R'n'B. Le rythme s'accélère, la soirée continue sur la piste de danse.mla-mes/chv/ol

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