Actualisé 04.07.2011 à 06:47

Elections en ThaïlandeVictoire de l'opposition pro-Thaksin

L'opposition en Thaïlande, proche de l'ex-chef de gouvernement en exil Thaksin Shinawatra, a remporté 265 sièges sur 500 lors des législatives de dimanche.

Yingluck Shinawatra, soeur de Thaksin, est à la tête du parti d'opposition.

Yingluck Shinawatra, soeur de Thaksin, est à la tête du parti d'opposition.

Le parti d'opposition, le Puea Thai mené par la soeur de Thaksin, Yingluck Shinawatra, a ainsi remporté la majorité absolue, loin devant son principal adversaire, le Parti démocrate du premier ministre sortant Abhisit Vejjajiva. Ce dernier a quitté lundi la tête de son parti.

«Alors que le parti a gagné moins de sièges qu'aux précédentes élections, (...) en tant que bon dirigeant, j'en assume la responsabilité en démissionnant», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, précisant que le parti choisirait un nouveau chef d'ici deux mois.

L'armée thaïlandaise a accepté la victoire de l'opposition et n'interviendra pas pour s'y opposer, a indiqué de son côté le ministre de la Défense sortant, après s'être entretenu avec les dirigeants militaires du pays.

Ce scrutin est considéré comme essentiel pour que le royaume sorte enfin des violences politiques et réduise le profond fossé qui sépare les élites de la capitale des masses urbaines et rurales défavorisées, toujours fidèles à Thaksin cinq ans après le coup d'Etat qui l'a renversé.

La participation a été aussi importante que lors du dernier scrutin de 2007, avec près de 75%. La commission électorale va désormais enquêter sur environ 200 plaintes déposées, notamment pour achats de voix. Elle a un mois pour valider les résultats ou disqualifier certains candidats.

Victoire d'une novice en politique

Abhisit avait concédé sa défaite dès dimanche soir. «Le résultat est clair: le Puea Thai a gagné les élections et les Démocrates sont battus», avait-il déclaré, invitant dans la foulée Yingluck à être la première Thaïlandaise à former le gouvernement.

«La population m'a donné une chance, je ferai de mon mieux pour le peuple», avait immédiatement répondu la photogénique femme d'affaires de 44 ans, indiquant qu'elle avait déjà contacté un parti minoritaire pour former une coalition.

Yingluck, que Thaksin a décrite comme son «clone», n'avait aucune expérience lorsqu'elle a été propulsée sur la scène politique il y a moins de deux mois. Mais elle a su surfer sur une campagne qui, comme lors des trois précédents scrutins, s'apparentait à un référendum pour ou contre son frère.

Le vote s'est déroulé dans le calme, en dépit des craintes d'une nouvelle éruption de violences un an après les manifestations des «chemises rouges» du printemps 2010.

Jusqu'à 100'000 manifestants, pour la plupart fidèles à Thaksin, avaient alors occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la démission d'Abhisit, avant d'être délogés par l'armée au terme de plusieurs jours de guérilla urbaine.

La crise, la plus grave qu'ait connu la Thaïlande moderne, avait fait plus de 90 morts et 1900 blessés. (ats)

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