Russie: Victoire en demi-teinte du parti pro-Kremlin
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RussieVictoire en demi-teinte du parti pro-Kremlin

Le parti au pouvoir a remporté la plupart des élections locales qui avaient lieu dimanche dans huit des huitante-trois régions du pays.

La participation a été de 43%.

La participation a été de 43%.

«Russie unie» a toutefois connu plusieurs échecs relatifs sur fond de mécontentement lié à la crise.

Trente-deux des 110 millions de Russes inscrits sur les listes électorales étaient appelés à renouveler huit parlements régionaux, a élire cinq maires et des dizaines de conseils municipaux. La participation a été de 43%.

«Russie unie», qui est présidé par le Premier ministre Vladimir Poutine, n'a ainsi pas remporté, contrairement à son habitude, la majorité absolue des voix dans plusieurs régions et a perdu la mairie de la ville sibérienne d'Irkoutsk qui revient au candidat soutenu par le Parti communiste, Viktor Kondrachov.

Ce dernier a en effet raflé 62% des voix, loin devant les 27% du candidat du pouvoir. Dans la région de Sverdlovsk, dont la capitale est Ekaterinbourg (Oural), la formation de M. Poutine arrive en tête mais avec seulement 40% des suffrages.

Russie unie est aussi restée sous la barre des 50% dans la région de Khabarovsk en Extrême-orient (48%), dans la république de l'Altaï (43%) et la région sibérienne de Kourgan (45%).

Le parti du pouvoir peut cependant se réjouir des 86% qu'il a remportés dans la région de Iamalo Nenets, un district autonome peu peuplé du Grand Nord russe.

Des «pertes» à corriger

Le président de la chambre basse du Parlement (Douma), Boris Gryzlov, a reconnu que les scrutins de dimanche avaient été plus difficiles pour son parti que les élections du mois d'octobre dans d'autres régions.

«Nous avons besoin de pertes au niveau régional pour comprendre les causes de ces pertes et les corriger», a-t-il dit, selon des propos publiés sur le site internet de Russie unie.

Guennadi Ziouganov, le chef du Parti communiste, deuxième de ces scrutins devant les ultra-nationalistes du parti libéral démocrate de Vladimir Jirinovski, s'est félicité de ces résultats.

«Les électeurs nous ont entendus et nous ont soutenus d'une manière active», s'est-il ainsi réjoui.

L'opposition libérale anti-Kremlin, qui n'est pas représentée au niveau national, n'avait pour sa part pas été autorisée à participer dimanche aux élections des huit parlements régionaux.

Société dans la «stagnation»

Le politologue russe Alexandre Kynev voit dans ces résultats «une tendance générale d'effondrement des résultats et pas simplement une forte baisse» de la domination de Russie unie.

«La société est fatiguée de la stagnation, de la toute puissance de la bureaucratie», a-t-il relevé à l'antenne de la radio indépendante Echo de Moscou.

«Russie unie» a consacré une grande partie de sa campagne à contrer un mécontentement croissant lié à la hausse rapide des prix des services communaux et à la montée du chômage.

Malgré une série de discours à teneur assez libérale, les analystes estiment que Medvedev n'a pas suscité de changement majeur par rapport à la présidence de Vladimir Poutine, aujourd'hui Premier ministre et qui reste considéré comme l'homme fort du tandem exécutif.

Ces résultats interviennent alors que durant l'hiver le pouvoir avait été pris de cours par plusieurs manifestations de mouvements d'opposition protestant notamment contre la politique anti-crise du gouvernement. (ats)

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