Voile - Victoire française à la Genève–Rolle
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VoileVictoire française à la Genève–Rolle

C’est le TF35 Zoulou d’Erik Maris qui a remporté la première classique lémanique de la saison juste devant Alinghi.

par
Grégoire Surdez
Erik Maris (tout à droite) a gagné sa plus belle course sur le Léman.

Erik Maris (tout à droite) a gagné sa plus belle course sur le Léman.

Jean-Guy Python

Une course un peu folle avec des vents qui partent dans tous les sens. Et à la fin, ce n’est pas Alinghi qui gagne mais Zoulou du Français Erik Maris. La Genève-Rolle, 56e du nom, marquait le grand retour des régates lémaniques au long cours après une année blanche. Impatients, les régatiers lémaniques se sont précipités au départ de cette répétition du Bol d’Or Mirabaud. 210 bateaux inscrits se sont retrouvés samedi sur le coup de 13 heures au large de la Tour Carrée. Un joli grain est venu cueillir les impatients au passage de la ligne de départ. Un peu comme si la nature voulait, elle aussi, marquer le coup et signifier son retour aux affaires.

«J’imagine que vous avez pu faire de belles photos et qu’on les verra dans le journal!»

Ernesto Bertarelli

Pluie, vent, lumières grises, il n’en fallait pas plus pour que le spectacle soit grandiose. D’emblée, les TF35 se sont dressés sur leurs foils pour s’envoler en direction de Rolle à plus de 20 nœuds. Dans la mêlée, Alinghi a bien failli tout perdre. Surpris par une risée plus affirmée, le catamaran barré par Ernesto Bertarelli est passé à deux doigts de la catastrophe. «J’imagine que vous avez pu faire de belles photos et qu’on les verra dans le journal, lancera d’un ton badin le skipper le plus titré du Léman, finalement bien content de finir deuxième. On a eu chaud et ça s’est joué à rien.»

Figure de style et catastrophe évitée de peu pour Alinghi juste après le passage de la ligne de départ.

Figure de style et catastrophe évitée de peu pour Alinghi juste après le passage de la ligne de départ.

Jean-Guy Python

Il a fallu un équipage très réactif, qui a grimpé au filet pour faire contrepoids, pour que la journée d’Alinghi ne s’achève pas après moins d’une minute de course. Malgré ce coup de chaud, Ernesto Bertarelli aura gardé la tête froide pendant presque toute la course. Il a cru avoir fait la différence sur le retour vers Genève en lâchant les chevaux. Les nouvelles bêtes de courses lémaniques n’ont pas raté leurs grands débuts sur les épreuves au long cours. Les TF35 ont facilement pris la mesure des D35 encore présents et des M2.

Il suffit de quelques décollages bien exploités pour que des différences conséquentes se fassent. Mais dans les zones de transition et «la molle», les TF et leurs immenses foils en permanence immergés, ont laissé transparaître quelques faiblesses. Il n’est pas impossible que sur un Bol d’Or, la tâche soit plus compliquée avec les nombreuses zones sans vent du Haut-Lac et un passage au Bouveret où il est possible de perdre très gros.

Des bateaux magiques

Conditions dantesques au départ avec un grain qui a permis à Zoulou de décoller.

Conditions dantesques au départ avec un grain qui a permis à Zoulou de décoller.

Jean-Guy Python

En attendant, il faut bien admettre que les nouveaux foilers lémaniques sont assez magiques lorsqu’ils roulent des mécaniques. Ils ont avalé cette Genève-Rolle-Genève en 3 h 27’ 33. Un chrono canon signé Zoulou qui a surgi peu après Nyon pour prendre la tête devant Alinghi et pour ne plus lâcher son os malgré une pression incessante des hommes en rouge et noir. Erik Maris, un vrai spécialiste du foiling, a parfaitement géré les derniers bords pour reléguer Alinghi à plus de deux minutes. Et c’est Spindrift qui est venu compléter le podium. Premiers au passage de la bouée de Rolle, Yann Guichard et son équipage ont perdu quelques plumes sur le retour. Comme Alinghi, ils auront soif de revanche sur le Bol.

Loin derrière les TF35, les autres classes se sont battues pour s’imposer face à leurs pairs. En M2, «Swiss Medical Network» a dominé la course juste en moins de quatre heures (3 h 59’ 52). Le podium est complété par «Patrimonium» et «Wize by TeamWork». Les premiers monocoques, eux, sont arrivés en début de soirée. Le premier d’entre eux, «TBS», le Psaros 40 de François Thorens, a coupé la ligne à 18h30 avec plus de 20 minutes d’avance sur son dauphin, l’étonnant «Geneva 18 Footer Sailing Team», un 18 pieds australien mené par Cyril Peyrot et deux équipiers seulement. Troisième monocoque, Katana, un Luthi 1090 de Philippe de Weck. Thomas Jundt et son tout nouveau prototype QFX termine au pied du podium. Ce monocoque ultraléger confirme que même sans pouvoir utiliser ses foils, il est déjà redoutable. Attention à lui sur un Bol plus venté…

Dans les différentes classe, la lutte a été féroce et l’on a bien senti qu’après plus d’une année de frustration, les équipages lémaniques avaient les crocs. Chez les Surprise, toujours les plus nombreux, la victoire est revenue «Velasco, du Léman à L’Océan», skippé par Arnaud Machado en 6h18’. Un final au couteau avec Thierry Campiche («Adrenaline les deux rives»), deuxième à 1min 15’’. En Grand Surprise, «Little Nemo 2» s’est imposé 26 secondes devant un duo, «Morpho» et Apsara», séparé par douze secondes seulement! En Psaros 33, fort désormais d’un flotte suffisamment abondante pour mériter une catégorie à part entière, succès de Luc Munier sur «Carpediem cube».

À noter enfin que les catamarans de sport avaient aussi droit de cité sur cette classique. Sur un parcours raccourci, avec une bouée à Versoix, la victoire est revenue aux expérimentés Alex Schneiter et Kris Jonsson, habiles comme des singes sur leur Flying Phantom «Tilt».

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