Victoria Abril: «Je rêve et mon homme concrétise»
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Victoria Abril: «Je rêve et mon homme concrétise»

La chanteuse et actrice espagnole de 48 ans sort son deuxième album,
«Olala!». Interview avec une femme «dynamo».

– Victoria, quelle est votre chanson préférée sur l'album «Olala!»?

– Toutes! Ce sont des chefs-d'œuvre. Ce sont les chansons qui m'ont marquée quand je suis arrivée en France il y a vingt ans et quand j'ai commencé à comprendre le français. Ensuite, il a fallu faire tout un travail pour choisir quel tempo du flamenco irait avec chaque titre.

– Une seule chanson, que vous avez d'ailleurs écrite, est en espagnol, «Necesito amor». De quoi parle-t-elle?

– Je l'ai écrite pour un film dans lequel j'ai joué l'année dernière, «Oscar Dominguez, el color del destino», qui raconte la vie du peintre surréaliste espagnol. J'incarne une femme qui apprend qu'elle a une tumeur et qui n'a plus que trois mois à vivre. Le thème de la chanson est l'euthanasie, car dans le film elle veut qu'on l'aide à mourir. Ce titre, c'est une façon de préparer le public au prochain album, qui sera composé de chansons que j'aurai écrites(rires)!

– Après le portugais pour le premier album «Putcheros do Brasil»et le français pour «Olala!», est-ce votre prochain album sera en espagnol?

– Oui, mais pas forcément intégralement. Il s'appellera «Interlocal». «Inter» parce qu'il y aura plusieurs langues et qu'il sera enregistré dans différents endroits de la planète. «Local», c'est une référence à mes mots, mes carnets de voyage. L'album est déjà prêt dans ma tête!

– Comme le premier disque retrace votre enfance et votre adolescence et le deuxième votre arrivée en France, est-ce que le prochain racontera une autre étape de votre vie?

– Oui, car je tiens des carnets de voyage depuis des années. Il parlera de moi. Un jour, je me suis dit: «Il faut construire quelque chose aujourd'hui avec ces pages du passé.» Donc cet album aura un peu de tout.

– Sur le plateau de l'émission de Fogiel sur M6, vous avez dit à Benoît Poelvoorde qu'il fallait qu'il chante s'il voulait lutter contre la dépression. Chantez-vous car vous avez été déprimée?

– Non. Je chante par besoin. Cela fait trente ans que j'avais ce désir et j'ai pu finalement réaliser mon rêve. Mais, après trois ans de tournée et 200 concerts, je me suis rendue compte que la musique est ce qu'il y a de mieux! C'est plus efficace que le yoga, que tout ce que vous voulez! La musique, ça monte, ça descend, ça te mixe, te masse et tu la partages avec les autres. Il n'y a pas de meilleure thérapie qu'un concert. En plus, le public, ça n'a pas de passeport. Tu peux chanter partout, c'est universel.

– Vous avez tourné quatre films cette année, vous avez déjà le prochain album en tête et la tournée «Olala!» démarre en juin 2008. Comment faites-vous?

– Je suis comme une dynamo: plus je pédale et plus je me charge en énergie. Si je m'arrête, je m'éteins.

– Une date en Suisse est-elle prévue lors de la tournée?

– Absolument, c'est obligé! On est venu plusieurs fois en Suisse pour des concerts. C'est un souvenir incroyable.

– De plus en plus de stars viennent habiter en Suisse. Vous y songez aussi?

– Je ne sais pas... Paris, c'est ma maison.

– Parlez-nous des quatre films que vous avez tournés en 2007...

– Ils vont commencer à sortir au printemps, mais j'ignore lequel sera projeté en premier en salles. Il y a «Leur morale... et la nôtre», de Florence Quentin, «48 heures par jour», de Catherine Castel, «Musée haut, musée bas», de Jean-Michel Ribes, qui tourne encore en ce moment mais qui peut aller vite au montage. Le film espagnol est une comédie et s'intitule «Vous aimez le piquant?».

– S'il fallait choisir entre le cinéma et la musique, vous prendriez quoi?

– Mais je peux choisir! La preuve: au cinéma c'est moi qui décide si je veux faire le film ou pas, et dans la musique, c'est entièrement moi qui choisis. Je peux adapter mes concerts en fonction de mes tournages. On peut très bien aménager cinéma et musique. Les deux sont fantastiques! C'est la panacée! En plus, dans les deux domaines, ce sont des choix du cœur. Quand tu as deux sources de revenus, tu peux choisir ce qui t'enchante vraiment.

– Au cinéma comme en chanson, vous incarnez la sensualité. Comment faites-vous pour ne jamais tomber dans la vulgarité?

– Eh bien ce sont deux choses qui ne vont pas ensemble. C'est comme la différence entre l'érotisme et la pornographie. Moi, je préfère l'érotisme (rires).

– Vous paraissez très ouverte en public, toujours prête à parler de tout, même de sexualité. Vous êtes la même dans l'intimité?

– Écoutez, vous n'allez pas vous ouvrir au public pour vous refermer comme une huître à la maison (rires)! J'ai l'habitude d'être ouverte de par mon métier de comédienne. Il faut écrire, développer, faire exister, donner de la chair à du papier.

– Mais y a-t-il tout de même un sujet tabou?

– Je préfère ne pas trop parler de politique. Et de religion, car je n'y crois pas. Ce n'est pas tabou, mais je trouve qu'il faut éviter de parler des choses qu'on ne connaît pas. Et ce n'est pas parce qu'on est célèbre qu'il faut avoir un avis sur tout. On s'en fout de ton opinion!

– Quand voyez-vous votre famille?

– Mes deux fils sont maintenant grands, ils ont 15 et 17 ans. C'est plutôt l'inverse: quand j'arrive, ils me demandent quand est-ce que je pars! Il y a cinq ou six ans, je ne faisais qu'un film par an. Maintenant qu'ils sont grands, j'en profite!

– Et votre compagnon?

– Eh bien, il est mon complice! Je rêve et il concrétise. Il a par ailleurs réalisé la pochette de l'album «Olala!». Il est designer et architecte et on travaille ensemble.

Lors d'une soirée en hommage à Brassens, Victoria Abril a chanté: "Quatre-vingt-quinze fois sur cent"

Hommage à Brassens

(Caroline Goldschmid)

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