Sécurité: Vidéosurveillance: le canton de Berne songe à l’imposer à certaines localités

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SécuritéVidéosurveillance: le canton de Berne songe à l’imposer à certaines localités

Une modification de loi propose que les autorités bernoises puissent forcer la main des villes qui renoncent aux caméras dans certains «points chauds». Une attaque contre «les communes de gauche», dénonce le maire de Bienne, Erich Fehr.

Image d’illustration.

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Une proposition de révision de la loi sur la police du canton de Berne a attiré l’attention des médias locaux ce jeudi. Le texte, mis en consultation, suggère que les villes du canton puissent être contraintes à l’avenir d’installer des systèmes de vidéosurveillance dans certains «points chauds» de l’espace public.

Concrètement, la direction cantonale de la Sécurité devrait pouvoir ordonner elle-même la mise en place d’une vidéosurveillance dans les lieux publics en cas de «situation de danger accru». Et cela contre la volonté de la commune, en principe compétente en la matière. La condition d’une telle contrainte serait que la ville en question reste inactive malgré une «recommandation correspondante». De surcroît, les coûts de cette vidéosurveillance imposée seraient facturés à la commune, apprend-on à la lecture du «Bund» et de la «Berner Zeitung».

Où sont les points chauds?

Cette modification de la loi découle d’une motion adoptée il y a un an par la majorité bourgeoise du parlement cantonal. Mais existe-t-il des cas dans lesquels cette obligation du canton pourrait être appliquée? Où se trouvent ces «points chauds»? Interrogé à ce sujet, le directeur de la sécurité Philippe Müller (PLR) admet qu’il n’a actuellement pas connaissance de lieux où ce projet de loi pourrait être mis en œuvre.

«Je n’ai pas non plus connaissance de points chauds en ce moment», déclare pour sa part Francesco Rappa (Le Centre), à l’origine de cette proposition. En résumé, le député défend son idée en affirmant vouloir supprimer des barrières bureaucratiques en cas de problèmes de sécurité. L’élu ajoute que l’objectif n’est pas de passer outre les compétences d’une commune, mais de donner la possibilité d’agir au cas où celle-ci reste les bras croisés.

Une version que le maire de Bienne, Erich Fehr (PS), ne veut pas entendre. Bienne et Berne penchent à gauche et se sont généralement opposées à la vidéosurveillance dans les espaces publics. Le maire biennois considère que le gouvernement et le parlement bernois veulent ainsi réduire «froidement» l’autonomie des communes. Erich Fehr est aussi convaincu qu’il s’agit d’une «attaque contre les villes gouvernées par une majorité rose-verte». Au sein du Conseil municipal de Berne, personne n’a voulu s’exprimer publiquement sur cette affaire avant la fin de la consultation.

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(jba)

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