Actualisé 05.04.2006 à 20:37

Viens chez moi, y a des tableaux

Accrocher ses oeuvres chez des privés plutôt qu'en galerie. La solution séduit de jeunes peintres. Elle a ses avantages: pas de pourcentage pour le galeriste et un public qui sait qu'il ne pourra pas revenir le lendemain.

Gabriella Zalapi expose ce soir trois de ses tableaux en très grand format chez deux personnes qu'elle ne connaissait pas il y a quelques semaines encore. C'est une amie commune qui a fait le lien: cette peintre genevoise, après avoir exposé dans des galeries pendant dix ans, avait la curiosité de voir ses oeuvres chez des particuliers, «leur place définitive une fois qu'ils ont quitté mon atelier».

«Exposer chez des privés, c'est rencontrer un autre public que celui des galeries, qui est assez typé», dit l'artiste. Si ses hôtes lui offrent l'intimité de leurs foyers, elle-même expose celle de sa famille. Ses tableaux sont le fruit d'un travail sur des photos qu'elle projette sur de grandes toiles et qu'elle réinterprète à la peinture à l'huile. La banalité des images de vacances à la plage, de sapins de Noël ou encore d'anniversaires prennent un tour radical et curieux. Deux autres appartements accueilleront la peintre avant qu'elle ne participe, en mai, à une exposition à la Villa Bernasconi de Lancy.

Investir des lieux privés, Marie Terrisse, 33 ans, le fait depuis cinq ans. Plusieurs amis lui ont généreusement ouvert leurs appartements. A chaque exposition, elle a vendu la totalité de sa trentaine de toiles. «Les prix sont plus bas qu'en galerie, puisque je peux me passer de leur commission de 30%», explique-t-elle. Autre avantage: l'événement, réduit à une soirée, provoque une fièvre acheteuse chez les visiteurs, qui savent qu'ils ne pourront pas revenir.

David Haeberli

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