Ski alpin: Viletta a dû serrer les dents pour croquer l'or
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Ski alpinViletta a dû serrer les dents pour croquer l'or

Le Grison de 28 ans est devenu champion olympique de super-combiné vendredi. Son parcours ne laissait pourtant pas augurer un tel triomphe.

par
J.-Ph. Pressl-Wenger
Rosa Khutor
Le sourire du Grison en dit long sur la joie ressentie au moment de monter sur le podium.

Le sourire du Grison en dit long sur la joie ressentie au moment de monter sur le podium.

La carrière de Sandro Viletta, c'est un peu les montagnes russes. Sa médaille de bronze, décrochée en slalom des Mondiaux juniors de Québec en 2006, a constitué la première marche vers les sommets. Quelques mois plus tard, il s'élançait pour la première fois en Coupe du monde. Plusieurs top 10, et même une victoire dans le super-G de Beaver Creek en 2011, ont ensuite constitué ses plus hauts fait d'armes. Toutefois, les blessures et les douleurs récurrentes l'ont presque forcé à lâcher l'affaire. «Il y a eu des jours où je me suis posé des questions, s'est souvenu le skieur de La Punt. C'était vraiment pénible de toujours s'entraîner avec des douleurs. Lorsqu'on ne peut pas, c'est très dur à encaisser. Et ça n'a rien à voir avec la volonté.»

Aux Mondiaux de Schladming (Aut) l'année dernière, le Grison avait déjà effleuré une médaille en super-combiné. Malheureusement, lors de sa manche de descente, un lisseur lui avait coupé la route. Le détour qu'il avait dû effectuer pour l'éviter lui avait alors, au minimum, coûté les vingt-cinq centièmes qui l'avaient séparé du bronze. Mais il n'a pas baissé les bras pour autant. «Depuis début novembre, je me suis constamment amélioré. C'est une donnée déterminante pour le futur, que de pouvoir garder cette constance qui m'avait fait défaut jusqu'à aujourd'hui.»

L'abnégation dont Viletta a fait preuve durant ses périodes de doute s'est nourri d'une seule conviction, passée depuis vendredi au rang d'évidence : «j'ai toujours su que je pouvais skier vite.» Un jour où l'autre, les têtus talentueux touchent les dividendes de leurs investissements personnels. La médaille d'or de Dominique Gisin en descente en est un autre excellent exemple.

Tout pour lui le jour J

Les conditions de course rencontrées à Rosa Khutor pour le super-combiné olympique ont convenu à merveille à Sandro Viletta. «J'aime slalomer quand il fait chaud, quand ils sont obligé de saler la piste pour qu'elle tienne le choc, a rigolé le Grison. En venant à Sotchi, j'avais espéré ces températures printanières.» Comme les pièces d'un puzzle, tout s'est mis en place pour que son succès se dessine. D'abord, les favoris ont commis des erreurs, le Français Alexis Pinturault et l'Américain Ted Ligety notamment. Ensuite, il y a eu ces 50 secondes de grâce, durant lesquelles Viletta a skié comme si rien ne pouvait lui arriver. Finalement, son deuxième temps de manche en slalom l'a propulsé sur la plus haute marche du podium, devant le Croate Ivica Kostelic et l'Italien Christof Innerhofer.

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