Actualisé 14.07.2015 à 10:08

Genève

Ville et food-trucks plombent le roi du panini

Le changement de politique sur les restos ambulants au bout du lac suscite l'opposition d'un vendeur historique.

de
Julien Culet
Le vendeur de paninis a récolté plus de 2300 signatures pour préserver son emplacement de la Fusterie.

Le vendeur de paninis a récolté plus de 2300 signatures pour préserver son emplacement de la Fusterie.

«Je suis un peu le papa des food-trucks, on devrait me remercier au lieu de me virer.» Cela fait dix-huit ans que Fabrice Neury vend ses paninis dans son camion à la place de la Fusterie, du mardi au samedi. Mais depuis le 1er juillet, il n'a plus le droit de s'y installer que deux fois par semaine. Ses activités seraient menacées, après qu'il s'est aussi vu refuser une place de food-truck l'an passé. «Moi qui ai lancé le concept ici, j'attendais de la reconnaissance. Mais on ne m'a pas accepté, sans me donner de raison», déplore-t-il. Il remet en question les attributions d'emplacements, qu'il juge opaques.

La Ville réfute vouloir l'exclure de la Fusterie. Le magistrat Guillaume Barazzone a voulu mettre de l'ordre dans les marchés. «Il ne doit y avoir de l'alimentaire que les jours de marché de fruits et légumes. Pas lors de ventes de livres ou d'artisanat», explique Antonio Pizzoferrato, chef du Service de l'espace public. Une réforme acceptée par d'autres vendeurs. Fabrice Neury a, lui, refusé deux nouveaux lieux proposés par la Ville.

Cette dernière souligne le nombre important de postulants à une place de food-truck. «Nous avons reçu 150 candidatures pour six places. Il a fallu faire des choix (encadré)», indique le chef de service. Un jury composé de trois employés de la Ville a dû trancher. «Ils viennent de départements différents pour éviter toute accusation de copinage», précise-t-il. Six nouvelles places vont être mises au concours l'an prochain. Fabrice Neury entend bien à retenter sa chance.

Originalité du véhicule et dans l'assiette

Les six food-trucks genevois ont été désignés selon trois critères. Il fallait ainsi que les futurs vendeurs proposent un projet viable sur le long terme et que leurs production soit locale. Plus subjectif: les candidats devaient faire preuve d'originalité. Aussi bien dans l'esthétique du véhicule que dans la nourriture proposée. Un point qui a pu jouer en défaveur de Fabrice Neury. «Nous avons fait le choix de la diversité plutôt que d'avoir les traditionnels vendeurs de hot-dogs ou de paninis», explique Antonio Pizzoferrato.

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