02.04.2018 à 17:01

BerneVilles et cantons risquent de payer la facture du bruit

Des propriétaires s'organisent pour forcer les autorités à limiter la vitesse du trafic nocturne, même sur les axes majeurs.

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phc
Rouler moins vite permet de réduire les nuisances sonores.

Rouler moins vite permet de réduire les nuisances sonores.

Philippe Maeder

La Suisse va-t-elle devenir le «pays du 30 km/h»? C'est la question que pose la «NZZ am Sonntag» qui cite en exemple les avenues de Beaulieu et Vinet, à Lausanne, ou la traversée de Satigny (GE), entre autres. Des tronçons sur lesquels une expérience pour lutter contre le bruit dans des zones très habitées est menée via une limitation à 30 km/h entre 22 h le soir et 6 h du matin.

La loi, c'est la loi!

Or, la loi sur la circulation routière est claire: c'est le 50 km/h qui prévaut en zone habitée. Mais conformément à une ordonnance de lutte contre le bruit datant de 1987, communes et cantons doivent tout faire pour abaisser les nuisances. Et la date limite des mesures entreprises arrivait à échéance samedi dernier. Ce qui veut dire que depuis dimanche 1er avril, les riverains de rues «bruyantes» peuvent déposer une plainte contre leur commune et contre leur canton.

Réunis pour se battre

La Ligue contre le bruit entend ne pas laisser filer l'occasion. Son président, Peter Ettler, s'en fait l'écho dans la «NZZ am Sonntag»: «Beaucoup de personnes nous ont contactés. Mais pour couvrir les frais de procédure, il nous faut encore 300 plaignants. Nous planifions donc une campagne sur tout le territoire national.» Les propriétaires pourraient espérer percevoir 2000 à 3000 francs par an pour «perte de valeur d'un bien occasionnée par le bruit du trafic.»

Objectif: améliorer la qualité de vie

L'essai lausannois s'inscrit dans le cadre d'un projet national comprenant aussi des limitations de vitesse nocturnes, le remplacement du revêtement ou la construction de parois antibruit. Grâce à ces mesures, «près de 82000 personnes ont déjà vu leur qualité de vie s'améliorer et nous espérons pouvoir atteindre 100000 personnes supplémentaires avec les mesures prévues», se réjouit Sophie Hoehn, cheffe de la section Bruit routier à l'Office fédéral des transports et de l'environnement.

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