Guerre – Villes ukrainiennes sous le feu continu de la Russie

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GuerreVilles ukrainiennes sous le feu continu de la Russie

L’armée russe poursuit, ce mercredi, son offensive sur plusieurs villes d’Ukraine. Moscou a soumis Kharkiv à des bombardements, visant police, forces de sécurité et université.

L’Université de Kharkiv, ravagée par les bombes russes.

L’Université de Kharkiv, ravagée par les bombes russes.

REUTERS

Au septième jour de l’invasion lancée par Vladimir Poutine, des troupes aéroportées russes ont débarqué à Kharkiv, a annoncé à l’aube l’armée ukrainienne, sans donner une idée de leur nombre. Après plusieurs bombardements, mardi, au centre-ville, qui avaient fait au moins 21 morts, selon le gouverneur régional, de nouvelles frappes ont touché, mercredi matin, les sièges régionaux des forces de sécurité et de police, ainsi que l’université, selon les services d’urgence. Au moins trois personnes ont été blessées, selon un premier bilan.

«Il ne reste plus de zone à Kharkiv où un obus d’artillerie n’a pas encore frappé», a affirmé Anton Guerachtchenko, conseiller du ministre ukrainien de l’Intérieur.

Tour de la TV et mémorial juif touchés

Cinq cents kilomètres plus à l’ouest, dans la capitale Kiev, où les habitants qui n’ont pas fui se préparent depuis des jours à un assaut, un calme relatif régnait après une frappe, la veille, sur la tour de télévision, qui a fait cinq morts. Des hommes en tenue militaire ont enveloppé les corps des personnes tuées, pour les emmener à la morgue, a constaté un journaliste de l’AFP.

La tour se trouve sur le vaste parc-mémorial de Babi Yar, où reposent les corps de plus de 33’000 victimes de l’Holocauste. Si aucun monument en hommage aux victimes de ce massacre n’a été touché, mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé Moscou de chercher à «effacer» l’Ukraine et son histoire, et appelé les Juifs «à ne pas rester silencieux». «Ils ont l’ordre d’effacer notre histoire, d’effacer notre pays, de nous effacer tous», a-t-il lancé dans une nouvelle vidéo.

Les Russes manquent de carburant

Des photos de la société américaine d’imagerie satellitaire Maxar, diffusées dans la nuit de lundi à mardi, montraient un long convoi russe progressant vers la capitale. Un responsable du Pentagone a cependant indiqué que le mouvement sur la capitale, forte en temps normal de trois millions d’habitants, semblait «au point mort», évoquant des problèmes d’approvisionnement en nourriture et carburant.

Dans le sud du pays, sur la mer d’Azov, l’armée russe a indiqué avoir pris «le contrôle total» de la ville de Kherson. À Marioupol, plus à l’est, plus d’une centaine de personnes ont été blessées, mardi, dans des tirs russes, selon le maire, Vadim Boychenko. Le contrôle de ce port est capital pour l’armée russe, afin de maintenir une «continuité territoriale» entre les forces russes venues de Crimée et celles des territoires séparatistes du Donbass qui, selon Moscou, ont pu faire leur jonction mardi.

Un œil sur la Biélorussie

Le ministère ukrainien de la Défense a par ailleurs indiqué dans la nuit redouter une offensive depuis la Biélorussie, au nord, après avoir constaté une «activité importante» des avions dans la zone frontalière, et des convois de véhicules transportant des vivres et des munitions y ont été observés.

Les frappes sur Kharkiv et Kiev – témoins de l’intensification d’une offensive russe qui a ressoudé les Occidentaux, mais aussi ravivé la menace nucléaire – ont suscité une vive émotion à travers le monde. Le président américain, Joe Biden, a estimé, dans la nuit, que Vladimir Poutine était maintenant «plus isolé que jamais du reste du monde».

La fuite des civils se poursuit

L’exode des Ukrainiens, surtout vers les pays frontaliers membres de l’Union européenne et de l’OTAN, mais aussi la Moldavie, continue. Depuis le début de l’invasion russe, le 24 février, un million de personnes ont été déplacées en Ukraine même et plus de 677’000 sont parties à l’étranger, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). De longues files de voitures attendaient notamment à la frontière polonaise, parties de Lviv, métropole de l’ouest de l’Ukraine devenue porte de sortie et centre de repli pour les Ukrainiens comme pour les ambassades occidentales. Des milliers d’habitants du sud de l’Ukraine, notamment du grand port d’Odessa, sur la mer Noire, affluaient aussi à la frontière moldave.

(AFP)

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