France: Vingt ans de prison pour des viols sur un enfant

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FranceVingt ans de prison pour des viols sur un enfant

Un enfant a été agressé sexuellement à diverses reprises par sa propre mère et son beau-père, entre 2009 et 2010, en France. La justice les a condamnés.

La mère et le beau-père d'un garçon de 8 ans, jugés en France pour avoir violé l'enfant à de multiples reprises en 2009 et 2010, notamment au parloir d'une prison, ont été condamnés mercredi à la peine maximale de vingt ans d'emprisonnement.

L'avocat général de la Cour d'assises de Strasbourg (est) a également obtenu du jury, «de façon tout à fait exceptionnelle», la rétention de sûreté assortie d'un suivi sociojudiciaire pendant la durée maximale de 5 ans.

Cette mesure permet le placement dans un centre de sûreté de prisonniers ayant exécuté leur peine mais présentant un risque très élevé de récidive.

Viols filmés

Les deux accusés ont reconnu de multiples viols et agressions sexuelles contre leur enfant en 2009 et 2010, dont certains ont été enregistrés grâce à un téléphone portable et dont des extraits ont été présentés aux jurés.

«Le comportement de Sabrina B. n'est même pas celui d'un animal à l'égard de son enfant», avait décrit l'avocat général Gilles Delorme.

Quant à Lionel Barthélémy, le beau-père, incarcéré depuis août 2009 pour violences à Toul (est), «c'est un sadique à l'état pur», selon M. Delorme, qui avait requis la peine maximale à l'encontre du couple.

Yeux bandés

Au parloir du centre de détention, «une maison de tolérance où l'on fait tout et n'importe quoi» selon l'avocat général, Sabrina B. avait bandé les yeux de son fils et l'avait maintenu pendant que son beau-père le violait.

Les surveillants de la prison n'avaient rien remarqué. Selon des éléments de l'enquête, des sacs poubelle obstruaient la porte vitrée du parloir de cette prison.

Me Yannick Pheulpin, avocat de la partie civile et représentant légal du petit garçon, aujourd'hui âgé de 8 ans et placé en foyer, avait annoncé qu'il assignerait le centre de détention de Toul en responsabilité à la fin du procès.

Mère violeuse

Le couple entretenait «une relation sado-masochiste» dans laquelle ils étaient tour à tour «maître» et «esclave», a expliqué un des experts psychiatres convoqués à la barre, le docteur Jean-Pierre May.

«Il est difficile de déterminer qui a le plus utilisé l'autre» pendant les actes exercés sur l'enfant, a estimé un autre expert, le docteur Jean-Georges Rohmer.

De son propre aveu, la mère du garçon se serait elle-même livrée à plusieurs viols et agressions sexuelles sur son fils entre 2009 et 2010.

Elle s'était présentée volontairement à la gendarmerie le 30 mai 2011. Selon l'un de ses avocats, elle aurait toujours agi sous le coup de la menace et des instructions données par son compagnon.

La mère fait appel

De nombreuses vidéos contenant des images de viols et d'agressions sexuelles mettant en scène la mère et l'enfant ont été trouvées lors des perquisitions.

«La peine est d'une rigueur exemplaire, proportionnelle à la gravité des faits commis», a commenté l'avocat de la partie civile, Me Pheulpin.

L'avocat de Lionel Barthélémy a pour sa part regretté «que l'altération du discernement de (son) client n'ait pas été prise en compte».

Quant à la défense de Sabrina B., elle a fait part à la presse de son intention de faire appel. (afp)

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