Crime de Clarens: Vingt ans de réclusion pour la mise à mort d'un malheureux

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Crime de ClarensVingt ans de réclusion pour la mise à mort d'un malheureux

Le Tribunal criminel de l'Est vaudois à Vevey a condamné vendredi à 20 ans de réclusion les deux jeunes gens qui ont torturé et tué un sexagénaire en 2006 à Clarens (VD).

La peine sera suspendue au profit d'un traitement thérapeutique en prison.

Le tribunal considère que la jeune femme de 21 ans et son comparse de 24 ans sont, avec un mineur déjà jugé, les coauteurs d'un assassinat et d'un brigandage qualifié. Après une heure de tabassage, en mai 2006, le trio a pris la décision commune d'immoler l'homme de 61 ans pour empêcher qu'il ne les dénonce.

Dénégations absurdes

Les dénégations de la jeune femme sont «absurdes», a souligné le président du tribunal, Philippe Goermer. «Elle est étroitement mêlée aux actes qui dictent la solution finale». Elle a voulu la mort de la victime, même si elle n'était pas présente au moment des coups de couteau fatals.

La jeune femme est jugée «hautement dangereuse». Elle a ravi froidement l'existence d'un homme dont elle n'avait nulle raison de se plaindre. Pire, elle l'a fait avec satisfaction, avec plaisir, a souligné la Cour. Le risque de récidive est majeur.

Traitements psychothérapeutiques

En raison d'une amorce de prise de conscience et d'un début de traitement en prison, la Cour a écarté la réclusion à vie requise par le Parquet. Elle sera toutefois soumise à un traitement psychothérapeutique en milieu carcéral.

La Cour a également opté pour un traitement de longue durée en prison à l'encontre de son coaccusé, âgé de 24 ans. Si ce traitement est un succès, le condamné, comme sa coaccusée, pourraient sortir de prison avant d'avoir purgé les deux tiers de leur peine. Leur situation sera régulièrement réexaminée.

Voleur de vie

Le tribunal a rappelé que le jeune homme a donné le premier coup à la victime et l'a immobilisée au sol pendant que le mineur frappait. «Il a volé une vie avec cruauté. Il s'est associé au carnage perpétré par un comparse barbare».

Cet homme glacé, sans scrupule, est apparu indifférent au sort d'autrui. Il s'est même glorifié de ses actes en prison, s'est indigné le président. En raison de sa petite enfance difficile et de sa diminution de responsabilité pénale, la Cour a écarté la réclusion à vie demandée par le Ministère public.

Un complice libre

Les deux complices, accusés essentiellement d'omission de prêter secours «à un malheureux», ont écopé de 33 mois et 2 ans fermes. Compte tenu des 980 jours de préventive, l'un des deux a été libéré, le second le sera dans peu de temps.

Le Ministère public s'est déclaré satisfait d'un verdict qui suit en grande partie son réquisitoire tout en laissant une chance aux accusés. Me François Roux, l'avocat du jeune homme, a annoncé qu'il fera selon toute vraisemblance recours.

Me Marc Cheseaux, défenseur de la jeune femme, s'accorde un temps de réflexion. Mais il souligne que «20 ans, c'est cher payé». Pour rappel, le mineur qui a donné les coups de couteaux a écopé d'un placement en milieu fermé jusqu'à ses 22 ans, soit jusqu'en septembre 2010, peine maximale prévue par le droit des mineurs. (ats)

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