Syrie: Vingt civils tués dans des bombardements turcs
Actualisé

SyrieVingt civils tués dans des bombardements turcs

Au moins 20 civils ont été tués lors d'attaques turques dans le nord de la Syrie ce dimanche, dans le cadre de «Bouclier de l'Euphrate» visant à chasser l'EI de sa frontière.

1 / 118
Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

AFP
Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

AFP
Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

AFP

L'offensive turque dans le nord de la Syrie s'est intensifiée dimanche. Les bombardements ont visé à la fois des djihadistes et des Kurdes. Des dizaines de personnes ont été tuées.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un large réseau de sources à travers la Syrie, a rapporté la mort d'au moins 40 civils dans des bombardements turcs. L'armée turque a pour sa part annoncé avoir tué «25 terroristes» en référence aux forces kurdes et pro-kurdes.

Les tirs d'artillerie et les frappes aériennes menés par la Turquie dans le cadre de l'opération «Bouclier de l'Euphrate» se concentrent sur la zone au sud de Jarablos, ex-fief du groupe Etat islamique (EI) proche de la frontière turque. Cette localité a été la première à tomber aux mains de rebelles soutenus par Ankara.

Bilans divergents

Ces raids ont tué dimanche «au moins 20 civils» dans le village de Jeb el-Koussa et 20 autres dans des bombardements près du village d'al-Amarné, tous deux au sud de Jarablos, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, une organisation proche de l'opposition. Les bombardements ont fait plus de 70 blessés.

Le bilan donné par l'armée turque porte sur la mort, dans des frappes aériennes près de Jarablos, de «25 membres terroristes» du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et du Parti de l'Union démocratique (PYD-principal parti kurde de Syrie). «Toutes les mesures ont été prises pour empêcher que les populations civiles ne soient touchées», a-t-elle précisé.

La Turquie considère le PYD et sa branche armée, les YPG, comme des organisations «terroristes». Les deux organisations sont toutefois épaulées, en tant que forces combattant efficacement les djihadistes, par Washington, allié traditionnel d'Ankara.

Un porte-parole de l'administration semi-autonome instaurée par les Kurdes en Syrie depuis 2012 à la faveur de la guerre a donné un autre bilan, signalant 75 civils tués dans les deux villages. Dans un communiqué, les Kurdes ont accusé Ankara de «vouloir élargir son occupation pour parvenir à d'autres régions syriennes».

Neuf villages repris

Selon les rebelles syriens soutenus par Ankara, au moins neuf villages et localités, dont Jarablos, ont été repris depuis mercredi à l'EI et aux forces pro-kurdes.

D'après l'OSDH et les Kurdes, aussi bien Jeb el-Koussa et al-Amarné sont contrôlés non pas par les autonomistes mais par des combattants locaux alliés. D'après l'ONG, au moins quatre d'entre eux ont été tués dans les bombardements de dimanche.

Samedi, des affrontements avaient éclaté pour la première fois entre des chars turcs et des combattants kurdes ou soutenus par ces derniers à al-Amarné. Ils ont provoqué la première mort, côté turc, d'un soldat qui a été tué dans une attaque à la roquette menée contre deux chars turcs par les YPG. L'homme a été enterré dimanche à Ganziantep, où le président turc Recep Tayyip Erdogan était en visite.

La Turquie veut lutter avec «la même détermination» contre les combattants kurdes et le groupe EI, a affirmé le président turc. «Nous n'accepterons aucune activité terroriste à, ou près de, nos frontières», a-t-il insisté.

Cessez-le-feu humanitaire

Sur un autre front de la guerre en Syrie, qui devient de plus en plus complexe, l'ONU attendait toujours la décision des belligérants concernant un cessez-le-feu humanitaire de 48 heures. Celui-ci permettrait de venir en aide à la population assiégée d'Alep, deuxième ville du pays.

Cet appel a été lancé samedi par l'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura. Il s'est exprimé au lendemain d'une réunion à Genève où les chefs de la diplomatie américaine John Kerry et russe Sergueï Lavrov ont annoncé des progrès vers une cessation des combats en Syrie, mais avec de nombreuses modalités encore à définir.

Plusieurs groupes rebelles, qui contrôlent l'est de la ville, ont annoncé dimanche dans un communiqué qu'ils acceptaient le principe de trêve mais «sous conditions». Ils ont notamment réclamé l'entrée de l'aide via un passage contrôlé par les rebelles au sud de la métropole et non via une route contrôlée par les troupes gouvernementales au nord. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion