Actualisé 10.11.2012 à 18:02

Syrie

Vingt soldats tués dans deux attentats

Deux explosions ont secoué samedi la ville de Deraa dans le sud de la Syrie, faisant au moins 20 morts et plusieurs blessés parmi les forces de sécurité syriennes.

Un double attentat suicide a visé samedi l'armée syrienne dans le sud du pays, sur une base militaire de Deraa, berceau du soulèvement contre Bachar al-Assad. L'attaque a tué 20 soldats, au moment même où le Conseil national syrien (CNS) exprimait des réserves sur un projet d'unification de l'opposition.

Le bilan de 20 morts dans les rangs des forces syriennes est rapporté par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). L'agence de presse officielle Sana avance elle un bilan de sept tués et parle de trois explosions, dont l'une s'est produite dans une rue commerçante et une autre aux abords d'un bâtiment public. L'agence ne parle pas de cible militaire.

Selon l'OSDH, organisation proche de l'opposition dont le siège se trouve à Londres mais qui entretient un réseau d'observateurs sur place, les victimes sont dues au deuxième véhicule piégé. Damas impute régulièrement le soulèvement entamée depuis près de 20 mois à des extrémistes islamistes qui reçoivent une aide étrangère.

Parallèlement, dans le nord-est du pays, le régime perdait de plus en plus de terrain. Des combattants kurdes ont pris le contrôle dans la nuit de vendredi à samedi de trois villes, après avoir négocié le départ des forces gouvernementales, selon l'OSDH et des militants. Samedi, le conflit aurait encore fait près de 50 morts, selon eux.

Nouveau chef au CNS

Réuni depuis la veille au Qatar, le Conseil national syrien (CNS), principale formation de l'opposition en exil, s'est pour sa part doté vendredi d'un nouveau chef de file en la personne de George Sabra, un chrétien qui vit en Turquie.

La rencontre de Doha a pour objectif d'opérer une fusion entre les combattants sur le terrain et cette opposition en exil qui reste minée par les rivalités personnelles et politiques. Le projet, présenté par Riyad Seïf, membre influent du CNS, vise à obtenir la reconnaissance d'une communauté internationale de plus en plus exaspérée par ces rivalités.

Ce projet «est la vision de la communauté internationale», a déclaré samedi M. Sabra. «La communauté internationale n'a pas été capable de fournir suffisamment d'armes aux Syriens pour qu'ils se protègent, alors que le régime est libre de tuer tout le monde et dispose de ressources en matière d'armement», s'est-il indigné.

«Nous allons maintenant pousser les pays arabes et la communauté internationale à changer de position», a-t-il déclaré par la suite à Reuters, évoquant le refus des Etats-Unis et de la plupart de leurs alliés de fournir une aide militaire directe aux rebelles.

Domination islamiste

Selon un autre membre éminent de l'organisation, Robert Ford, ex- ambassadeur des Etats-Unis en Syrie, a invité cette semaine les délégués réunis à Doha à renoncer à leurs rêves d'aide militaire directe ou d'intervention étrangère. Adib al-Chichakli, cofondateur du CNS, a par ailleurs démissionné vendredi pour exprimer son désaccord avec l'évolution de l'organisation, dominée par les mouvements islamistes.

L'homme d'affaires, petit-fils d'un ancien président syrien, a déploré que le CNS ait «échoué à devenir une institution» et que sa nouvelle assemblée générale, désignée à Doha, soit dominée par les religieux. Il regrette en outre qu'aucune femme ne siège plus parmi les 41 membres de cette assemblée générale.

(ats)

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