Lucerne: Violée et battue, elle porte plainte contre le canton
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LucerneViolée et battue, elle porte plainte contre le canton

Une femme, qui a failli être tuée par son ex-compagnon en 2007, un meurtrier ayant purgé sa peine, reproche au canton de Lucerne de ne pas l'avoir suffisamment mise en garde contre son agresseur.

par
ofu
L'avocat de la plaignante pense que l'affaire ira jusqu'au Tribunal fédéral.

L'avocat de la plaignante pense que l'affaire ira jusqu'au Tribunal fédéral.

photo: Keystone

Les autorités doivent-elles être tenues pour responsables si ses employés n'évitent pas qu'un meurtrier et violeur condamné ne commette un nouveau crime? C'est la question à laquelle doit actuellement répondre le Tribunal de district de Lucerne.

L'affaire, fortement médiatisée en Suisse alémanique depuis plusieurs années, a été portée devant les juges par Nicole D. En 2007, elle a été torturée et violée pendant onze longues heures avant de se faire tirer dessus à trois reprises par une arbalète. Son agresseur n'était personne d'autre que son ex-compagnon ayant mal digéré leur rupture. Depuis, Nicole lutte pour une meilleure protection des victimes.

«Se tenir à l'écart»

Appelé à la barre, l'avocat de la plaignante a estimé que la police cantonale lucernoise et les autorités de poursuite pénale auraient dû mettre en garde Nicole contre les dangers qu'elle encourait.

Voilà pourquoi le canton doit être tenu pour responsable de ce qu'elle a dû subir en 2007, a-t-il conclu tout en demandant un dédommagement de 150'000 francs. Sa cliente avait tenté en vain de se renseigner sur le passé de son ex-copain quelques jours avant les faits. Elle était notamment allée voir les forces de l'ordre qui avaient alors refusé de lui livrer des informations, invoquant leur secret de fonction. Un agent lui avait cependant conseillé de «se tenir à l'écart» de cet homme.

L'ex-compagnon de la plaignante, qui s'est suicidé en détention provisoire peu après son arrestation en 2007, avait en effet déjà été condamné dans le passé pour avoir violé et tué son épouse.

Une fois sa peine purgée, il avait continué à menacer plusieurs de ses anciennes copines lorsque celles-ci voulaient se séparer de lui. Une ancienne expertise psychiatrique le décrivait par ailleurs comme étant une «bombe à retardement», écrit la «NZZ».

Le canton estime n'avoir rien à se reprocher

L'avocat du canton, lui, réfute les accusations dressées par Nicole. Selon lui, son ex-compagnon était un homme libre lorsqu'il l'a agressée en 2007 et il n'existait aucun indice qui aurait pu inciter les autorités à entreprendre des mesures de protection à son encontre.

Le verdict sera rendu ultérieurement par écrit.

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