Actualisé 27.12.2013 à 20:12

Argentine

Violée par son beau-père, une ado pourra avorter

Une Argentine de 14 ans, enceinte après avoir été abusée sexuellement, a été finalement autorisée vendredi à avorter au terme d'un combat judiciaire, dans un pays où l'IVG est prohibée.

D'après un arrêt de la Cour suprême argentine de 2012, les avortements sont autorisés seulement lorsque la santé de la mère est en danger ou en cas de viol, mais un juge de la province de Salta (nord) l'a ignoré et a interdit à la jeune fille de mettre un terme à sa grossesse.

Vendredi, la décision du magistrat a été annulée par la plus haute instance de la province de Salta, une des régions les plus conservatrices d'Argentine, où l'instruction religieuse obligatoire vient d'être réintroduite à l'école publique.

Le 9 novembre, dans une maison d'un quartier défavorisé de Salta, capitale de la province éponyme, la mère avait surpris son conjoint en train de violer l'adolescente. La mère et la fille ont été battues par le violeur. A l'hôpital, un test a révélé la grossesse de la jeune fille. La mère et la fille ont aussitôt demandé un avortement.

Une première décision contestée

Le 17 décembre, non seulement le juge aux affaires familiales a répondu qu'il s'y opposait mais il a ordonné à l'adolescente de confier le nouveau-né à une famille adoptive. Une association défendant le droit à l'avortement s'est alors mobilisée pour que l'adolescente puisse interrompre la grossesse.

«Quand il s'agit du corps de la femme, et de son pouvoir de décision sur son propre corps, surgit une idéologie patriarcale et machiste, majoritaire dans la société et au sein de l'Eglise», dénonce Mabel Gabarra, avocate de la Campagne nationale pour le droit à l'avortement, légal, libre et gratuit.

Avortement tabou

Avant-gardiste pour l'Amérique latine dans divers domaines, l'Argentine a été le premier pays de la région à approuver en 2010 le mariage gay, mais l'avortement reste un tabou.

Les avortements illégaux sont cependant pratiqués dans des conditions sanitaires précaires: 700'000 par an, selon une estimation des organisations qui plaident pour le droit à l'avortement. Une centaine d'entre elles meurent de complications après des avortements clandestins. (afp)

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